Le montage imaginé par Harry Sonneborn est le cœur économique du modèle. McDonald's ne se contente pas de vendre une licence : le groupe prend le bail du terrain et du bâtiment — ou les achète — puis les sous-loue au franchisé, avec une marge. Le franchisé paie donc deux flux distincts : une redevance sur son chiffre d'affaires, et un loyer.
La conséquence est structurelle. Le franchiseur perçoit un loyer que le restaurant marche bien ou mal ; et il détient l'actif — le lieu — que le franchisé, lui, ne possède pas. À la fin du contrat, l'exploitant s'en va sans les murs.
Ce montage n'a rien de clandestin : McDonald's l'assume dans ses rapports annuels déposés auprès de la SEC, où la ligne des revenus locatifs figure noir sur blanc, séparée des redevances. C'est précisément ce dédoublement — redevance plus loyer — que le dossier antibois retrouve dans les comptes d'un franchisé français des années 1990.