Deux traits distinguent radicalement le Sherman Act du droit européen de la concurrence. D'abord, sa dimension pénale : une entente peut envoyer un dirigeant en prison. Ensuite, le mécanisme des triple dommages, qui transforme chaque victime en procureur privé et rend économiquement rationnel un contentieux que le droit européen laisserait sans suite.
La loi ne prohibe pas toute restriction du commerce, mais seulement les restrictions déraisonnables — nuance apportée par la jurisprudence dès 1911. C'est de là que naît la distinction fondamentale entre les pratiques illégales par elles-mêmes et celles qu'il faut peser.
Son application au marché du travail est récente et décisive : les accords entre employeurs pour ne pas se débaucher mutuellement leurs salariés sont désormais analysés comme des ententes.