L'expertise est la plus lourde des mesures d'instruction techniques. Le juge désigne un technicien pour l'éclairer sur une question de fait : la rentabilité d'un restaurant, la valeur d'un fonds, la cause d'une baisse de chiffre d'affaires. L'expert ne dit pas le droit et ne tranche pas le litige.
La procédure est contradictoire. Les parties adressent à l'expert des observations écrites — les « dires », terme de pratique qui ne figure pas dans le code — que l'expert doit prendre en considération et auxquelles il doit indiquer la suite donnée dans son rapport.
Le rapport n'est qu'une pièce du débat : l'article 246 précise que le juge n'est pas lié. À l'inverse, une expertise privée, commandée par une seule partie, ne suffit jamais : la Cour de cassation a jugé en chambre mixte, le 28 septembre 2012, que le juge ne peut se fonder exclusivement sur une expertise non judiciaire réalisée à la demande de l'une des parties.
Le dossier antibois contient les deux : l'expertise judiciaire ordonnée par la cour d'appel de Paris, et des expertises privées produites par chaque camp.