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Alain MARTIN
Expert financier près la Cour d'appel de Paris
101, rue de Prony
75017 PARIS
Jean-Luc DUMONT
Expert financier près la Cour d'appel de Paris
15, rue Beaujon
75008 PARIS
Cour d'Appel de Paris
Arrêt du 9 décembre 1998
RG 1998 / 14119
SEBOL
MAC DONALD'S FRANCE
Rapport d'expertise
Le 15 octobre 1999
Sommaire
Présentation et définition de la mission
1.1 Les Parties dans la cause
1.2 Le contexte de la mission
1.3 Rappel de la procédure judiciaire et définition de la mission
2 Diligences accomplies
Documents examinés
3.1 Documents reçus des Appelants
3.2 Documents reçus de l'Intimée
Réponses aux questions posées par la Cour aux
experts
4.1 Question 1: Impact d'une réduction de salaire et d'un
versement
de dividendes en compte-courant sur la rentabilité
de SEBOL et B&O, en 1996 et 1997
'Question 2: Avenant au contrat de location gérance de la
société B&O, du 10 juin 1997
Question 3 : Analyse d'un transfert de charges fixes de SEBOL
à B&O
4.4 Question 4: Synthèse de fonctionnement de SEBOL et B&O,
considérées comme une unité économique.
4.5 Question 5: Analyse de la viabilité du restaurant Antibes
Ouest et des synergies éventuelles d'un ensemble Antibes
Ouest-Vallauris
4.6 Question 6: Analyse de l'attribution de Antibes Ouest à M.
Collorafi
4.7 Question 7: Analyse de la cohérence de gestion financière
globale de M. Collorafi dans les trois sociétés jusqu'au 1/1/98
Question 8: Analyse des comptes de SEBOL, B&O et LES
PINS du 1/01/98 au 10/06/98
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
Espere 1999/73
i.
4.9 Question 9: Augmentation des redevances cumulées comparée
à une baisse des charges d'administration
4.10 Question 10: Effets de l'attribution de Antibes Ouest sur les
seuils minimum de rentabilité
5 Conclusion et fin de l'expertise
5.1 Sur l'impact d'une réduction de salaire et d'un versement de
dividendes en compte-courant sur la rentabilité de SEBOL et
B&O, en 1996 et 1997 (question 1)
5.2 Sur l'avenant au contrat de location gérance de la société
B&O, du 10 juin 1997 (question 2)
Sur un transfert de charges fixes de SEBOL à B&O
(question 3)
Sur le fonctionnement de SEBOL et B&O, considérées comme
une unité économique (question 4)
5.5 Sur la viabilité du restaurant Antibes Ouest et des synergies
éventuelles d'un ensemble Antibes Ouest-Vallauris (question 5)
5.6 Sur la décision de MCDONALD'S d'attribuer Antibes Ouest à
B. Collorafi (question 6)
5.7 Sur la cohérence de la gestion financière globale de
B. Collorafi dans les trois sociétés jusqu'au ler janvier 1998
(question 7)
Sur les comptes de SEBOL, B&O et LES PINS du 01/01/98
au 10/06/98 (question 8)
5.9 Sur une éventuelle compensation entre l'augmentation des
redevances cumulées et la baisse des charges d'administration
(question 9)
5.10 Sur les effets de l'attribution de Antibes Ouest sur les seuils
minimum de rentabilité (question 10)
5.11 Réponse des experts aux dires des parties
Expertise SEBOL CI MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOT septembre 1999/VI
1 Présentation et définition
de la mission
1.1 Les Parties dans la cause
ENTRE :
SA SEBOL
Centre commercial « CARREFOUR »
Chemin de Saint Claude
06600 ANTIBES
EURL B&O
Rond Point Weisweller
Route de Grasse
06600 ANTIBES
Monsieur COLLORAFI Bernard
21 B, chemin de l'Esterelle
06100 LE CANNET ROCHEVILLE
SARL LES PINS
32 avenue de Cannes
06160 JUAN LES PINS
Appelants, représentés par
Maître Jean-Paul CLEMENT,
78 avenue Mozart
75016 PARIS
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999V1
ET :
STE MAC DONALD'S FRANCE
1, rue Gustave Eiffel
78045 GUYANCOURT CEDEX
Intimée, représentée par
Maître Jean-Marie LELOUP
128, bd Saint-Germain
75006 PARIS
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999Vi
1.2 Le contexte de la mission
Par contrat du 5
août 1987, la société Mac Donald's France donnait en
location gérance à M. Collorafi, un fonds de restauration rapide situé au
centre commercial Carrefour à Antibes. Ce contrat a par la suite été
transtéré, le 31 août 1987, à la société Sebol, détenue intégralement par
M. Collorafi. Le contrat de location gérance entre la société Mac Donald's et
la société Sebol prévoyait les dispositions financières suivantes :
Date du contrat : 05/08/87
Dépôt de garantie :
Paiement initial (frais de dossier) :
Redevance de base (mensuelle) :
Redevance de base (mensuelle) minimum :
Redevance de service (mensuelle) :
F. 100 000 HT
F. 120 000 HT
12 % du CA HT
F. 150 000 HT
5% du CA HT
Afin de contrer l'ouverture d'un restaurant concurrent à l'enseigne Quick
‹comprenant un
service Drive) à quelques centaines de mètres du
restaurant exploité par Sebol, Mac Donald's décidait, en 1996, l'ouverture
d'un restaurant (aménagé avec un Drive) en face du restaurant Quick. La
location gérance de ce restaurant, dit "Antibes Nord", situé à 500 mètres
du restaurant exploité par Sebol (zone primaire de chalandise), était donnée
à M. Collorafi, le 9 octobre 1996, lequel confia l'exploitation à la société
B&O, dont il est le gérant et l'unique associé.
Le contrat de location gérance entre la société Mac Donald's et la société
B&0 prévoyait les dispositions financières suivantes :
Date du contrat : 09/10/96
Dépôt de garantie :
Paiement initial (frais de dossier) :
• Redevance de base (mensuelle) :
Redevance de hase (mensuelle) minimum :
Redevance de service (mensuelle) :
F. 100 000 HT
F. 250 000 HT
20 % du CA HT
F. 235 000 HT
5% du CA HT
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOi septembre 1999/Vi
Ce contrat a fait l'objet d'un avenant en date du 10 juin 1997
correspondant
aménagement des redevances. Prenant effet à
compter du ler janvier 1997, il prévoyait les dispositions financières
suivantes :
Redevance de base (mensuelle) :
• du 01/01/97 au 31/12/97 :
• du 01/01/98 au 08/10/2016 :
Redevance de base (mensuclle) minimum :
• du 01/01/97 au 31/12/97 :
• du 01/01/98 au 08/10/2016 :
Redevance de service (mensuelle) :
Date de l'avenant : 10/06/97
17 % HT
20 % HT
F. 180 000 HT
F. 245 000 HT
5% du CA HT (inchangée)
A la fin de l'année 1996, Mac Donald's décidait l'ouverture de deux
restaurants à Antibes Ouest et à Vallauris, situés respectivement à cinq et
sept kilomètres de l'ensemble «Centre commercial Carrefour - Antibes
Nord». Malgré le souhait de M. Collorafi de se voir attribuer la location
gérance de ces deux restaurants, Mac Donald's ne lui accorda que celle de
Antibes Ouest, par un contrat daté du 18 juin 1997mais conclu en substance
dès le 30 avril 1997, le restaurant étant ouvert depuis le 1 mai 1997. La
signature du contrat était suspendue à l'ordonnance du Tribunal de Grande
Instance de Grasse, intervenue le 18/06/97. Ce contrat fut transféré à la
société Les Pins dont M. Collorafi possède l'intégralité du capital.
Le contrat de location gérance entre la société Mac Donald's et la société Les
Pins prévoyait les dispositions financières suivantes :
Dépôt de garantie :
Paiement initial (frais de dossier) :
Redevance de base (mensuelle) :
Redevance de base (mensuelle) minimum :
Redevance de service (mensuelle) :
Redevance équipement (mensuelle) :
Date du contrat : 18/06/97
F. 20 000 HT
F. 250 000 HT
15 % du CA HT
F. 100 000 HT
5% du CA HT
4,5% du CA HT
Expertise SEROL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
Les contrats de location gérance concernant les sociétés Sebol et B&O sont.
des contrats de type « straight licence », selon lesquels le locataire gérant est
propriétaire de l'équipement cuisine, du mobilier et de la signalisation. Pour
la société Les Pins, il s'agit d'un contrat dit « BFL » (Business Facility
Licence) selon lequel Mac Donald's investit également dans l'équipement.
En contrepartie,
le franchisé doit payer une redevance supplémentaire
(redevance équipement).
Par ailleurs, un Groupement d'intérêt Economique, le GIE SODEVA, a été
constitué entre les trois sociétés de M. Collorafi, en date du 9 avril 1997.
Ayant pour objet la mise en commun des moyens administratifs, comptables
et commerciaux des trois sociétés, le GIE SODEVA est composé de 6
personnes (comptables, employés administratifs, réceptionniste, et hôtesse).
A partir du début de l'année 1997, compte tenu de la situation financière
des deux restaurants, M. Collorafi n'avait pas pu honorer les redevances
mensuelles dues à Mac Donald's au titre de l'exploitation de ces deux
restaurants pour l'année 1997.
Le 26 juin 1997, invoquant « l'effondrement du chiffre d'affaires de la société
SEBOL, les forts écarts entre les prévisions d'exploitation remises par la
société Mac Donald's lors des ouvertures des restaurants Antibes Nord (B&O)
et Antibes Ouest (Les Pins) et la réalité, l'absence de rentabilité des
restaurants », les sociétés Sebol, B&O et M. Collorafi ont assigné Mac
Donald's devant le Tribunal de Commerce de Paris.
Les tableaux, présentés ci-après, indiquent l'évolution, du chiffre d'affaires,
du résultat net et du montant des redevances facturées, des sociétés Sebol,
B&O et Les Pins.
SA SEBOL
(Restaurant Contre Commercial Carrefour)
CA
Résultat Net
Redevances
de base
Redevances
de service
1 21] 673
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBÖL/septembre 1999/VI
EURL B&O
(3mois)
‹Restaurant Antibes Nord)
CA
Résultat Net
Redevances
de base
Redevances
de service
• 1 226 477
SARL LES PINS
(Restaurant Antibes Ouest)
CA
Résultat Net
Redevances
de base
Redevances
de service
Redevances
d'équipement
(8 mois)
Consolidation
CA
Résultat Net
Redevances
de base
Redevances
de service
Redevances
d'équipement
27 422 010 26 965 839
21 693 964 31 556 289
- 413833 - 2 695 122
2 916 606 5 097 922
Par ailleurs, compte tenu du non-paiement de redevances dues par Sebol,
B&O et Les Pins, et après mise en demeure, Mac Donald's résiliait les
contrats de location gérance de ces trois sociétés le 2 janvier 1998. Puis, par
actes des 9 et 30 janvier 1998, Mac Donald's a assigné Sebol, B&O et Les
Pins en référé devant le Tribunal de Commerce de Paris pour obtenir leur
expulsion.
Le jugement du 18 mai 1998 du Tribunal de Commerce de Paris a
notamment constaté la résolution de plein droit, le 2 janvier 1998, des trois
contrats de location gérance litigieux et condamné Sebol, B&O et Les Pins, à
payer à la
société Mac Donald's les redevances arriérées que ces trois
sociétés avaient cessé de régler dans le courant de l'année 1997.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOLiseptembre 1999/VI
L'expulsion des sociétés Sebol, B&O et Les Pins, des restaurants,
respectivement, Centre Commercial Carrefour, Antibes Nord et Antibes
Ouest, est intervenue en date du 10 juin 1998.
C'est dans ces conditions que les sociétés Sebol, B&O et Les Pins et M.
Collorafi ont fait appel de ce jugement.
1.3 Rappel de la procédure judiciaire et définition de la
mission
Statuant sur l'appel interjeté par les sociétés Sebol, B&O, Les Pins et
M. Collorafi, la Cour d'Appel de Paris a considéré que seules les demandes,
exposées ci-après, sont recevables :
1. «dire que la société Mc Donald's a résilié abusivement les contrats de
location gérance litigieux, le non paiement partiel des redevances était du
à sa propre faute, et, la débouter purement et simplement de sa demande
en résiliation,
2. suspendre les effets de la clause résolutoire et leur accorder deux ans pour
régler leur dette sur la base d'une redevance raisonnahle, fixée au besoin
à titre de dommages-intérêts, dont le détail est rapporté plus haut, ou
nommer un expert pour permettre à la Cour de statuer sur la fixation
d'une « redevance raisonnable »,
3. juger que les fautes commises par la société Me Donald's sont de nature
délictuelle et condamner celle-ci, en réparation du préjudice subi, à leur
verser diverses sommes dont le détail est rapporté plus haut ; ».
En premier lieu, la Cour, pour apprécier les éventuels manquements à ses
obligations de la société Mac Donald's France pour la période antérieure au
1" juillet 1997, juge nécessaire de compléter son information. Cette période
est caractérisée par l'ouverture d'un second restaurant (« Antibes Nord »)
dans la « zone de chalandise primaire » du restaurant « Centre Commercial
Carrefour » et par l'effondrement du chiffre d'affaires et de la rentabilité de
ces deux restaurants (tous les deux confiés en location gérance à M.
Collorafi).
Au nombre des éléments pouvant expliquer la dégradation de la situation
financière de ces deux restaurants, dès 1996, il ressort notamment les trois
points suivants :
Expertise SRBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999V1
• la décision de Mac Donald's d'ouvrir ce second restaurant,
• le montant des redevances pratiquées par Mac Donald's,
• la mauvaise gestion de M. Collorafi, notamment concernant sa politique
de distribution, sa rémunération et sa maîtrise des coûts fixes.
C'est ainsi que la Cour d'Appel de Paris pose quatre premières questions
aux experts afin d'apprécier la responsabilité éventuelle des parties, qui
portent sur la période antérieure au 1" juillet 1997 . Il s'agit de :
1. «dire si Monsieur COLLORAFI avait réduit son salaire en 1995 et 1996
de moitié et s'il avait laissé en compte-courant tout ou partie des
dividendes perçus ces années là, dans la société SEBOL et si, dans la
société B et O lla Cour n'ayant pas d'éléments d'information sur les
salaires éventuellement perçus par Monsieur COLLORAFI et son épouse
au titre de cette société) il avait fait un apport en compte-courant en 1997,
cela n'aurait pas permis à
ces deux sociétés d'atteindre le seuil de
rentabilité annuelle, qui est le chiffre d'affaires permettant d'équilibrer
l'exploitation, en 1996 et 1997,
2. dire si l'avenant du contrat de la société B et O précité est intervenu à
bonne date ou trop tard et était suffisant si Monsieur COLLORAFI
réduisait son salaire dans la société B et O, si toutefois il en a perçu de
cette societe,
3. dire si l'ouverture du restaurant « Antibes-Nord » a permis de transférer
partiellement des charges fixes de la société SEBOL à la société B et O
comme l'affirme M. GANDUR dans son rapport annuel rédigé à la
demande de Monsieur COLLORAFI (cf. page 24),
4. présenter une synthèse de fonctionnement des société SEBOL et société B
et O considérées comme une unité économique du fait de l'intérêt commun
des parties à les voir fonctionner comme telle pour la période considérée; ».
Par la suite, MAC DONALD'S a décidé l'ouverture de deux restaurants,
Antibes-Ouest et Vallauris, dont seul le premier a été confié à M. Collorafi,
à 5 et 7' kilomètres des restaurants Centre commercial Carrefour et Antibes
Nord. Ces ouvertures,
intervenant approximativement le 1" juillet 1997,
amènent des interrogations de la part de la Cour qui sollicite l'avis des
experts sur les points suivants :
5. dire « si, le nouveau restaurant « Antibes-Ouest » était viable en lui même
ou si, comme la société Me DONALD'S l'a ouvert en même temps que celui
'Selon le dire de Me CLEMENT, 4,2 et 5,8 km respectivement.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre I999/Vi
de Vallauris,
ce qui nest pas un hasard mais montre qu'elle avait
envisagé une « synergie » entre ces deux restaurants, sa rentabilité n'avait
pas été appréciée à priori dans un ensemble «Antibes-Ouest" .
«Vallauris » dont la société Me DONALD'S a, contrairement à ce qui
semble avoir été ses prévisions, confié la location-gérance à deux
personnes différentes, - le restaurant « Antibes-Ouest » n'étant que le
complément de la locomotive « Vallauris »; »
6i. dire « si, compte tenu de la situation financière de l'ensemble « Carrefour »
- « Antibes Nord » et du fait que Monsieur COLLORAFI prétendait ne pas
pouvoir financer le contrat « Straight licence » d'Antibes-Ouest, la société
Mc DONALD'S a fait
un «cadeau empoisonné » à
Monsieur
COLLORAFI, comme celui-ci semble le prétendre, ou si au contraire celle-
ci a voulu lui donner une chance supplémentaire de s'en sortir; "
7. «Considérant que les experts devront donner leur avis sur la cohérence de
gestion financière globale de Monsieur COLLORAFI dans les trois
sociétés jusqu'au ler janvier 1998; »
8. "Considérant que les experts donneront leur avis sur les comptes des
sociétés SEBOL, B et O et LES PINS, entre le ler janvier 1998 et le 10
juin 1998, date de leur expulsion; »
9. « Considérant qu'en revanche, les experts devront donner leur avis sur une
autre affirmation contenue dans le document : « Objectif N°3 : rentabiliser
les Restaurants
Avec la répartition des charges administratives sur plusieurs restaurants,
nous allégerons les charges d'administration »
...; qu'en d'autres termes,
les experts devront dire si l'augmentation des
redevances cumulées des trois restaurants pouvait être compensée par la
baisse des charges d'administration de ceux-ci ;».
10. « Considérant enfin que dans ce document de candidature des sociétés
SEBOL et B&O. Monsieur COLLORAFI annonçait comme un de ses
quatre objectifs :
« Objectif N°2 : Augmentation du chiffres d'affaires
Notre souci actuel est d'augmenter très rapidement le chiffre d'affaires
pour atteindre les seuils minimums de rentabilité » ;
Que dès lors, la société Mc DONALD'S devra expliquer selon quels
calculs précis elle a pensé qu'en attribuant le restaurant « Antibes-Ouest »
à Monsieur Collorafi, elle lui permettrait d'atteindre son « objectif n°2 »».
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
R/SEBOL/septembre 1999/V1
2 Diligences accomplies
Il nous semble important de souligner que toutes les réunions d'expertise
ont ete menées par les experts et qu'un certain nombre de tâches et de
recherches ont été réalisées au cours de l'expertise par le collaborateur des
experts sous leur supervision.
9 décembre 1998
Arrêt de la Cour d'Appel de Paris (16ème chambre -
section A) commettant Jean-Luc Dumont et Alain
Martin pour la présente expertise.
16 décembre 1998 Courrier de la Cour d'Appel de Paris transmettant
copie aux Experts de la décision les nommant en
qualité d'Experts.
23 décembre 1998 Courrier de Alain Martin à la Cour d'Appel de Paris
acceptant la mission d'expertise qui lui a été confiée
en date du 9 décembre 1997.
24 décembre 1998 Courrier de Jean-Luc Dumont à la Cour d'Appel de
Paris acceptant la mission d'expertise qui lui a été
confiée en date du 9 décembre 1997.
12 janvier 1999
Alain Martin adresse, pour les experts, un courrier de
convocation aux Parties les invitant à une première
réunion d'expertise, prévue le 2 février 1999, dans ses
25 janvier 1999
Courrier de la Cour d'Appel de Paris communiquant
aux experts l'avis de versement de la consignation à
valoir sur la rémunération des experts, soit F. 20 000
à chacun d'eux.
2 février 1999
Première réunion d'expertise à laquelle assistaient :
• Maître Clément, Conseil des Appelants,
• M. Collorafi, Appelant,
• Mme De Borda, Directeur Juridique représentant
Intimée,
• M. Le
Bourdonnec,
Manager-Conseil
Financier
représentant l'Intimée,
Expertise SEBOI. C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOLIseptembre 1999/13
10 février 1999
23 février 1999
4 mars 1999
22 mars 1999
8 avril 1999
16 avril 1999
• Maître Leloup, Conseil de l'Intiméc,
• Mme Mazieres-Viceconti, Responsable Juridique
représentant l'Intimée,
• M. Dumont, Expert,
• M. Martin, Expert,
• M. Fenard, Collaborateur des Experts.
Me Clément, conseil des appelants, remet à chacun
des experts copie d'une partie de son
. dossier de
plaidoirie
Jean-Luc Dumont adresse aux parties un compto
rendu de la réunion d'expertise N°1 qui s'est tenue le 2
février 1999.
Courrier de Me Leloup, conseil de l'intimée, aux
xperts, ioignant les documents demandés lors de 1
ère réunion d'expertise du 2 février 199
Courrier de Me Clément, conseil des appelants, aux
xperts, joignant les documents demandes lors de l
ère réunion d'expertise du 2 février 1999 ainsi au'
dire portant sur les questions posées par la Cour aux
experts.
Courrier de Jean-Luc Dumont, pour les experts, à la
Cour d'Appel de Paris, sollicitant une provision
complémentaire de F. 160 709,76.
Courrier de Jean-Luc Dumont aux parties, les
informant que la deuxième réunion d'expertise prévue
initialement le 14 avril 1999 est reportée au i1 mai
1999, dans les locaux d'Alain Martin, et précisant que
le dire de Me Leloup, conseil de l'Intimée, devra
parvenir aux experts le 13 avril au plus tard
Me Leloup, conseil de l'intimée, adresse un dire aux
experts, en réponse au dire adverse, précisant la
position de la société Mac Donald's sur les questions
posées aux experts.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCK
RISEBOL/septembre I999/Vi
19 avril 1999
3 mai 1999
11 mai 1999
17 mai 1999
3 juin 1999
Me Clément, conseil des appelants, adresse un second
dire aux experts,
en
réponse
aux
documents
communiqués par la partie adverse (à l'exception du
dire qu'il n'avait pas encore reçu).
Me Clément, conseil des appelants, adresse un
troisième dire aux experts, en réponse au dire de Me
Leloup du 16 avril 1999
Deuxième réunion d'expertise à laquelle assistaient :
• Maître Clément, Conseil des Appelants,
• M. Collorafi, Appelant,
• Mme De Borda, Directeur Juridique représentant
l'Intimée,
• M. Le Bourdonnec, Manager-Conseil
Financier
représentant l'Intimée,
• Maître Leloup, Conseil de l'Intimée,
• Mme Mazieres-Viceconti, Responsable Juridique
représentant l'Intimée,
• M. Dumont, Expert,
• M. Martin, Expert,
• M. Fenard, Collaborateur des Experts.
Me Clément, conseil des appelants, remet à chacun
des experts ainsi qu'à Me Leloup, conseil de l'intimée,
une annexe à son dire n°3 du 3 mai 1999.
Courrier de Jean-Luc Dumont, pour les experts, à la
Cour d'Appel de Paris, sollicitant une prorogation de
délai pour déposer le rapport, le 25 octobre 1999.
Courrier de Me Clément, en date du 3 juin 1999 :
• indiquant que, selon le bureau des expertises, la
demande de prorogation de délai que les experts ont
adressé à la Cour, en date du 22 mars 1999, n'est
pas parvenue à la Cour,
Expertise SEROL C/ MAC DONALD'S FRANCE
R/SEBOL/septembre 1999/VJ
7 juin 1999
9 juin 1999
14 juin 1999
16 juin 1999
7 juillet 1999
16 juillet 1999
29 juillet 1999
• précisant que les parties sont convoquées devant
Madame le Conseiller de la mise en état, le 7 juin
1999,
• joignant une note de M. Collorafi, valant dire n°4,
en réponse à une partie des précisions demandées
par les experts lors de la réunion d'expertise du 11
mai
Courrier de Me Clément, conseil des appelants, selon
lequel Madame le Conseiller de la mise en état a
ordonné la consignation complémentaire et a proroge
le délai pour déposer le rapport au 30 septembre 1999,
et indiquant par ailleurs qu'il souhaite maintenir la
réunion d'expertise du 15 juillet prochain.
Jean-Luc Dumont adresse aux parties un compte
rendu de la réunion d'expertise N°2 qui s'est tenue le
11 mai 1999.
Copies aux experts des courriers, adressés aux parties,
du magistrat chargé de la mise en état, faisant droit a
la demande de consignation complémentaire des
experts et ordonnant une prorogation de délai au 30
septembre 1999.
Courrier de Me Clément, en date du 16 juin 1999,
joignant les observations de M. Collorafi sur le compte
rendu de la réunion d'expertise du 11 mai 1999, valant
dire n° 5.
Courrier de la Cour d'Appel de Paris informant les
experts qu'il a été procédé à la consignation
complémentaire à valoir sur leur rémunération.
Dire de Me Leloup, conseil de l'Intimée, en réponse
aux questions posés par les experts dans leur compte-
rendu de la réunion du 11 mai 1999.
Les experts adressent aux parties un pré-rapport afin
que celles-ci prennent connaissance des analyses des
experts et qu'elles puissent leur remettre un dire de
synthèse en vue de la réunion d'expertise du 8
septembre 1999.
Expertise SEROL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOLIseptembre 1999/VI
3 août 1999
Courrier de Me Clément, conseil des appelants,
indiquant aux experts que les documents nécessaires à
l'analyse de la gestion de son client (notamment les
comptes de résultat de huit restaurants spécifiés) sont
entre les mains de la société Mac Donald's et quil
convient de les lui demander.
31 août 1999
3 septembre 1999
Dire de Me Clément en réponse au pré-rapport qui a
été transmis aux parties le 29 juillet.
Télécopie transmise à
Me Leloup (copie
à
Me Clément), conseil de l'Intimée, de la part des
experts, lui
demandant
des
documents
complémentaires (comptes de résultat mensuels
faisant référence à la lettre de Me Clément du 3 août
1999).
8 septembre 1999
Dire de Me Leloup sur le pré-rapport.
Troisième réunion d'expertise à laquelle assistaient :
• Maître Clément, Conseil des Appelants,
• M. Collorafi, Appelant,
• Mme De Borda, Directeur Juridique représentant
l'Intimée,
• M. Le Bourdonnec, Manager-Conseil
Financier
représentant l'Intimée,
• Maître Leloup, Conseil de l'Intimée,
• M. Dumont, Expert,
• M. Martin, Expert,
• M. Fenard, Collaborateur des Experts.
15 septembre 1999 Télécopie de JL. Dumont aux parties afin de confirmer
la réunion du 20 septembre 1999 et d'en préciser les
modalités
17 septembre 1999 Dire de Me Clément, conscil des appelants, sur la
réunion d'expertise du 8 septembre et sur le dire de
Me Leloup remis lors de la réunion d'expertise di
8 septembre 1999.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALIS FRANCE
RISEBOL/septembre I999/V1
20 septembre 1999 Réunion, afin de permettre la consultation de comptes
de résultat de franchisés que l'Intimée ne souhaitait
pas communiquer pour des raisons de confidentialité,
à laquelle assistaient :
• Maître Clément, Conseil des Appelants,
• M. Collorafi, Appelant,
• M.
Guichard,
Responsable-Conseil
Financier
représentant l'Intimée,
• Maître Leloup, Conseil de l'Intimée,
• M. Martin, Expert,
• M. Fenard, Collaborateur des Experts.
22 septembre
Dire de Me Clément, sur la réunion du 20 septembre
24 septembre 1999 Télécopie de Me Leloup, conseil de l'Intimée, valant
dire N°4, sur la réunion du 20 septembre 1999 et le
dire de Me Clément du 17 septembre 1999.
28 septembre 1999 Réponse de Me Clément au dire N°4 de Me Leloup.
4 octobre 1999
Dire de Me Clément sur le compte rendu de la réunion
de la Commission Finances de Mac Donald's en date
du 9 septembre 1999.
18 octobre 1999
Dépôt du rapport en deux exemplaires au greffe de la
Cour d'Appel de Paris, en un exemplaire aux avoues
de chacune des parties et en un exemplaire aux
avocats de chacune des parties.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/V1
3 Documents examinés
De nombreux documents ont été obtenus des parties puis analysés, dont la
liste suit (et dont les éléments essentiels pour la compréhension de notre
analyse ont été reproduits en annexes.)
3.1 Documents reçus des Appelants
• Dossiers de plaidoirie de Me Clément, comportant notamment les
pièces suivantes :
• Contrat de location gérance en date du 05/08/87 Mac Donald's - M.
Collorafi (SEBOL) : restaurant " Carrefour ".
• Contrat de location gérance en date du 09/10/96 Mac Donald's - M.
Collorafi (B&O) : restaurant " Antibes Nord".
• Prévisions de résultat alléguées établies par la société Mac Donald's
concernant la société SEBOL.
• Avenant au contrat de location gérance B&O en date du 10/06/97.
• Contrat de location gérance en date du 18/06/97 Mac Donald's - M.
Collorafi (LES PINS) : restaurant " Antibes Ouest "
• Prévisions de résultat alléguées établies par la société Mac Donald's
concernant la société LES PINS.
• Contrats de prestation de service entre SEBOL et B&O, au 9/10/1996
et avenant au contrat, au 9/10/1997.
• Contrats de prestation de service entre SEBOL et LES PINS, au
29/04/1997.
• Statuts du GIE SODEVA.
• Bilans et comptes de résultat de la société SEBOL, années 1995 a
Bilans et comptes de résultat de la société B&O, années 1996 ct 1997.
Bilan et compte de résultat de la société LES PINS, année 1997.
• Bilan et compte de résultat du GIE SODEVA, année 1997.
• Bilans et comptes de résultats des sociétés SEBOL, B&O, LES PINS et
du GIE SODEVA, au 10 juin 1998.
Expertise SEBOI, C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre I999VI
• P&L (comptes de résultat) mensuels, société SEBOL, années 1993 a
• P&L (comptes de résultat) mensuels, société B&O, années 1996 a 1998.
• P&L (comptes de résultat) mensuels, société LES PINS, années 1997 et.
• DDAS, société SEBOL, années 1995 à 1997.
• DDAS, société B&O, années 1996 et 1997.
• DDAS, société LES PINS et GIE SODEVA, année 1997.
• Relevé des salaires perçus par M. et Mme Collorafi, années 1987 a
1997 et au 31/05/1998.
• Relevé des dividendes perçus par M. Collorafi, années 1993 à 1996.
• Relevé du compte courant de M. Collorafi dans SEBOL, au 31/12/96.
• Relevé des versements en capital et compte courant de M. Collorafi sur
B&0 et LES PINS
• Rapport GANDUR, en date du 4 février 1998.
• Dix dires (ou notes) de Me Clément contenant :
• ses
remarques sur la gestion de M. Collorafi, la baisse du chiffre
d'affaires, les documents financiers précontractuels,
• des éléments de réponse aux questions posées par la cour aux experts.
• des observations faisant suite à la lecture du pré-rapport.
3.2 Documents reçus de l'Intimée
• Dossier de plaidoirie de Me Leloup, incluant notamment :
• Arrêt de la Cour d'Appel de Paris, du 9/12/98.
• Jugement du Tribunal de Commerce, du 18/5/98.
• Rappel des faits et de la procédure.
• Contrat de location gérance, entre MAC DONALD'S et M. Collorafi,
concernant l'exploitation
du
restaurant
«Centre
Commercial
Carrefour », en date du 31/08/87.
• Etat des sommes dues par M. Collorafi à MAC DONALD'S FRANCE à
différentes dates.
Expertise SEBOL (/ MAC DONALD'S FRANCE
BISEBOIseptembre 19920
• Mises en demeure, en date du 27/11/97, de MAC DONALD'S FRANCE
intimant à SEBOL, B&O et LES PINS de régler l'intégralité de leur
dette.
• Documents complémentaires :
• Rapport de mission de la SEPT, rédigé par A. Dumoutier.
• Etude d'implantation de Vallauris.
• Projet de balance de Vallauris.
• P&L de Vallauris d'avril 1997 à fin décembre 1998.
• DADS, balance générale et P&L de la société MAR.
• Note explicative sur la comparaison des P&L Collorafi et MAR.
• Quatre dires de Me Leloup contenant :
• des éléments de réponse aux questions posées par la Cour aux experts,
• des observations faisant suite à la lecture du pré-rapport.
Expertise SEROL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
4 Réponses aux questions posées par la
Cour aux experts
Comme il est présenté au chapitre 1 de ce rapport, la Cour d'Appel de Paris,
pose neuf questions aux experts, les quatre premières portant sur la période
antérieure au 1ª juillet 1997, les cinq suivantes ayant trait à la période
postérieure à cette date.
Cette répartition des questions selon deux périodes est établie par la Cour
afin de distinguer les analyses des experts qui ne prennent en compte que
l'ouverture du deuxième restaurant, Antibes Nord, de celles qui concernent
également l'ouverture de deux autres restaurants, Antibes Ouest et
Vallauris, au 1" juillet 1997.
Sur les questions portant sur la période antérieure au I" juillet 1997
Ces questions portent sur l'ouverture d'un second restaurant Mac Donald's,
Antibes Nord, qui est confié à M. Collorafi, à 500 mètres du premier
restaurant de M. Collorafi (Centre Commercial Carrefour).
L'ouverture de ce second restaurant dans la zone de chalandise du premier
n'est pas remise en cause par la Cour, et ne semble done pas appeler de
commentaires des experts, puisqu'elle est liée à l'ouverture du Quick
(enseigne concurrente) en juillet 1995. Par contre, les mauvais résultats de
Sebol et de B&O en 1996 et 1997 amènent des interrogations de la part de
la Cour dans la mesure où ne se produit pas l'effet « vases communiquants »
attendu sur l'activité du restaurant Centre Commercial Carrefour du fait de
l'impact de l'ouverture du restaurant Antibes Nord.
Dans ces conditions, les questions posées aux experts ont pour objectif de
définir la responsabilité de M. Collorafi et de la société Mac Donald's France
dans les mauvais résultats de la société B&0 (Antibes Nord) en 1996 et
Ainsi, les questions posées aux experts portent :
• sur la rémunération, la politique de dividendes et, de façon plus
générale, sur la cohérence de la gestion financière de M. Collorafi (ces
éléments sont présentés dans le rapport DUMOUTIER),
• sur la politique de redevance de MAC DONALD'S (et notamment sur
l'avenant au contrat de location gérance entre B&O et Mac Donald's),
Expertise SEBOr C/ MAC DONALD'S FRANCE
R/SEBOL/septembre 1999/VJ
• sur la possibilité de transfert des charges fixes entre les deux
restaurants (cf. rapport GANDUR).
Sur les questions portant sur la période postérieure au I" juillet
Cette date correspond approximativement à l'ouverture simultanée de deux
restaurants MAC DONALD'S, Antibes Ouest et Vallauris, dont seul Antibes
Ouest est confié à M. Collorafi.
Trois points sont mis en avant par la Cour afin d'obtenir des précisions des
experts. Ils concernent :
• la viabilité du restaurant « Antibes Ouest », seul ou dans un ensemble
« Antibes Ouest-Vallauris »,
• la cohérence de gestion financière de M. Collorafi dans les trois sociétés
et la répartition des charges administratives,
• la situation comptable des trois sociétés concernées, du 1 janvier 1998
au 10 juin 1998, date de leur expulsion des fonds de commerce qu'elles
exploitaient en location gérance.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
R/SEBOL/septembre 1999/V1
4.1 Question 1: Impact d'une réduction de salaire et d'un
versement de dividendes en compte-courant sur la
rentabilité de SEBOL et B&O, en 1996 et 1997
Dire « si Monsieur COLLORAFI avait réduit son salaire en 1995 et 1996 de
mottié et s'il avait laissé en compte-courant tout ou partie des dividendes
perçus ces années là, dans la société SEBOL et si, dans la société B et O (la
Cour n'ayant pas d'éléments d'information sur les salaires éventuellement
perçus par Monsieur COLLORAFI et son épouse au titre de cette société) il
avait fait un apport en compte-courant en 1997, cela n'aurait pas permis à
ces deux sociétés d'atteindre le seuil de rentabilité annuelle, qui est le chiffre
d'affaires permettant d'équilibrer l'exploitation, en 1996 et 1997, ».
En réponse à la question de la Cour,
il convient de procéder aux
retraitements'
suivants:
• réduction du salaire de M. Collorafi de moitié en 1995, 1996 et 1997 dans
SEBOL (seule société où il perçoit un salaire),
Madame Olga Collorafi perçoit également un salaire dans SEBOL qui
s'élève, en 1995, à F. 192 330 (salaire brut annuel, charges sociales
comprises), en 1996, à F. 193 490, en 1997, à F. 193 490. Il n'en sera pas
tenu compte dans les développements ultérieurs.
• diminution des dividendes versés par SEBOL en 1995, 1996 et 1997,
La question de la Cour porte sur le maintien, en compte courant dans
la société SEBOL, de tout ou partie des dividendes perçus par
M. Collorafi. Cependant, comme le souligne Me Leloup dans son dire
du 08/09/99, dans une situation financière difficile, plus qu'un blocage
des dividendes en compte courant, c'est la diminution des dividendes
qu'il est préférable d'étudier.
En effet, un blocage des dividendes en compte courant est une
opération fiscalement onéreuse (le bénéficiaire est obligé d'acquitter
•Des retraitements pour 1997 seront effectués, bien que cela ne soil pas explicitement mentionné dans la
question prisée par la Cour, dans la mesure où la question porte également sur le seuil de rentahilité en
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
l'impôt sur les dividendes reçus), qui n'est, en général, utilisé que pour
traverser une « mauvaise passe », de courte durée, en trésorerie.
Cependant, au cas particulier, M. Collorafi étant contraint d'investir
dans B&O en 1996 et 1997, nous n'avons pas retenu l'hypothèse d'une
suppression totale de dividendes, venant s'ajouter à une réduction de
salaire.
Compte tenu donc d'un investissement dans B&O, de 600 KF en 1996
et de 200 KF en 1997, il est retenu l'hypothèse d'une diminution de
dividendes de la partie restante, soit 1,25 MF en 1995 et 800 KF en
• apport de liquidités en compte courant dans B&O en 1997.
En réponse à la question de la cour, il convient de mesurer l'impact des
mesures envisagées sur le seuil de rentabilité de SEBOL et B&O en 1996 et
1997. Ces retraitements se répercutent sur le résultat (sur la rentabilité) et
sur le bilan de ces deux sociétés comme indiqué aux paragraphes 4.1.1 et
En second lieu, sur la base de ces retraitements, il est calculé le supplément
de trésorerie engendré par une diminution de dividendes (cf. § 4.1.3).
4.1.1 Impact des retraitements sur la rentabilité de SEBOL (Centre
commercial Carrefour)
Deux impacts sur la rentabilité de SEBOL en 1996 et 1997 sont à
étudier, l'un concernant la diminution de moitié du salaire de
M. Collorafi, l'autre ayant trait à la diminution de dividendes de
M. Collorafi
La diminution, de moitié, du salaire de M. Collorafi en 1995 et 1996 sc
traduit par une diminution des frais d'administration et a donc un
impact direct sur la rentabilité de SEBOL.
Le fait pour M. Collorafi de ne pas distribuer en totalité les dividendes
perçus en 1995 et 1996 entraîne une augmentation des capitaux
permanents. Ce retraitement a un impact sur la rentabilité de SEBOL
par le biais d'une réduction des frais financiers liée à un moindre
recours à l'endettement et de la réalisation de produits financiers.
Expertise SEBOLCH MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/V1
Le compte de résultat de SEBOL est modifié des retraitements sur le
salaire de M. Collorafi et sur les charges financières (via les capitaux
propres), comme indiqué ci-après.
Impact d'une réduction de moitié du salaire de M. Collorafi en 1995 et
(en KF)
Salaire M. Collorafi
(yc.
avantages en nature)
Charges sociales (44%)
Total
Economie
réalisée
(réduction de 50%) = (a)
Salaire M. Collorafi retraité
iyc. charges sociales)
(6 mois)
Impact d'une diminution de dividendes en 1995 et 1996
L'augmentation des capitaux propres aurait entraîné des économies de
charges financières' et aurait permis la réalisation de produits
"SEROL a effectué un emprunt de F. 350 000 le 28 janvier 1997 sur trois ans au taux de 4.625 %. Au 30
juin 1997, cet emprunt représentait une charge financière égale à 350 000 * 5/12 *0,04625, son F. 6 745
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/V1
Calcul des ces impacts sur la rentabilité de SEBOL en 1996 et 1997
(en KF)
Résultat net (d)
Mouloran
sur
salaire
lemanie sur intérits de
Produits financiers.
Total des retraitements (e)
Impact IS (36,67 7) (f)
(au 30/06)
(847)
NA
déficitaire
Retraitements (e) - (f =
(g)
Résultat net retraité
(543)
(d) + (g)
Les mesures étudiées auraient ralenti mais non empêché la
dégradation de la rentabilité de SEBOL et leur impact n'est pas asscz
significatif pour que la société SEBOL atteigne le seuil de rentabilité
au 30 juin 1997.
Il faut cependant noter que le total des retraitements sur les trois
années, soit 935 KF, est supérieur à la perte de SEBOL au 30/06/97 de
847 KF
Total
4.1.2 Impact des retraitements sur la rentabilité de B&O (Antibes
Nord)
Il s'agit d'étudier l'impact d'une politique d'apport en compte courant
en 1997 sur le seuil de rentabilité annuel de B&O. Il convient de
préciser que M. Collorafi ne perçoit pas de salaire directement dans
B&0.
Comme il a été vu précédemment, le seul impact d'un apport en compte
courant sur la rentabilité est lié à l'économie de charges financières qui
résulte d'un moindre recours à l'endettement (permis par une
augmentation des capitaux permanents).
*Le résultat net de SEBOL, au 30/06/97, est déterminé à partir des comptes de résultat mensuels
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
Le tableau, présenté ci-après, renseigne sur la situation financière très
mauvaise de la société B&O. Ainsi, en 1997, pour obtenir un niveau de
capitaux permanents positif,
, il aurait été nécessaire d'apporter en
compte-courant environ 700 KF, en plus des 750 KF déjà apportés, soit.
un niveau d'apport en compte courant de 1 450 KF.
Bilan
Capitaux propres
Comptes-courants
Capitaux permanents
Compte de
¡ Economie de charges financières (a)
Résultat
Résultat net (b)
Résultat net retraité de l'économie
(716)
(166)
(766)
(756)
(1153)
(703)
(955)"
(775)
Total
(1721)
(1531)
de charges financières (b)-(a)
Il ressort du tableau que l'impact d'une politique d'apport en compte-
courant sur le seuil de rentabilité annuelle n'est pas significatif compte
tenu de la faible économie de charges financières, à comparer avec les
pertes enregistrées par B&O ces années là.
Un apport en compte-courant aurait pour seul effet de réduire le
niveau des pertes de la situation de B&O mais n'aurait pas permis à
cette société d'atteindre le seuil de rentabilité annuelle en 1996 ct
4.1.3 Impact du cumul des retraitements sur la rentabilité de
l'ensemble SEBOL-B&O
Le cumul des retraitements sur la rentabilité de l'ensemble SEBOL-
B&O donne les résultats indiqués dans le tableau ci-après.
*Résultat net au 30/00/97, déterminé à partir des comples de résultat mensuels.
Expertise SEROL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VL
Résultat net consolidé
Cumul des retraitements (e)
Impact IS (36,67%.) (D)
Retraitements (e) - (f) = (g)
Résultat net consolidé retraité
(414)
547*
(18021
NA (déficitaire)
(1318)
Total
(1206)
4.1.4 Supplément de trésorerie lié au maintien d'une partie des
dividendes
Comme il a déjà été expliqué, compte tenu d'un investissement dans
B&O, de 600 KF en 1996 et de 200 KF en 1997, il est retenu
l'hypothèse d'une diminution de dividendes de la partie restante, soit
1,25 MF en 1995 et 800 KF en 1996.
Dans ces conditions, la diminution de dividendes, l'économie résultant
d'une diminution de salaire de M. Collorafi et l'augmentation des
ressources financières des sociétés auraient permis à ces sociétés de
dégager un supplément de trésorerie au 30/06/97 de 3 323 KF, comme
indiqué dans le tableau ci-après.
Dividendes non distribués
+ 2050
Retraitements
(réduction de salaires cumulés de
+1273
1995 à 1997 - y
compris charges sociales - et de
charges financières) nets d'IS
Total
+ 3 323
Le supplément de trésorerie ainsi obtenu s'avère juste compenser le
retard de paiement au 31 décembre 1997 de M. Collorafi envers Mac
Donald's (montant des redevances non payées au 31/12/97 pour les
trois societes = 3 905 Kf). Au rythme des pertes enregistrées par
l'ensemble SEBOL-B&O sur les six premiers mois de l'année 1997
(1 802 KF avant retraitement), ce supplément de trésorerie n'aurait
pas permis à M. Collorafi de faire face aux pertes ultérieures.
" 547 = 537 (cf. p 27) + 10 (cf. p 28)
: 484 = 304 (cf. p 27) + 180 (cf. p 28)
*Economic d'IS calculée en considérant SEBOL et B&O comme une unilé économique
Expertise SEBOI, C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999VI
Pour répondre aux dires de Me Clément sur le caractère légitime d'une
distribution de dividendes au bénéfice de M. Collorafi et du maintien
de son salaire, il convient de présenter les observations suivantes.
Malgré la bonne situation financière de SEBOL en 1995, qui réalise un
bénéfice de plus d'1 MF (contre 1,3 MF en 1994), la décision de
distribuer 1,85 MF de dividendes a été prise alors qu'un restaurant
Quick allait ouvrir en juillet 1995, et concurrencer sans aucun doute le
restaurant " centre commercial Carrefour " situé à 500 mètres de celui-
ci.
La situation est encore plus nette en 1996 puisque M. Collorafi décide
la distribution de 1 MF de dividendes, le 13 juin 1996 (date de
l'assemblée générale ordinaire annuelle), alors que la situation de son
premier restaurant se dégradait du fait de l'impact du Quick et que la
location gérance d'un deuxième restaurant Mac Donald's, situé en face
du Quick, lui scra confiée 4 mois plus tard (le 09/10/96).
Dans ces conditions, il ne semble pas inopportun d'étudier les effets
d'une non distribution de dividendes, tout au moins au delà des
investissements réalisés (800 KF), et d'une diminution de salaire, en
1995 et 1996.
Dans tous les développements qui précèdent, il n'a pas été tenu compte
de la situation fiscale personnelle de M. Collorafi, bien qu'elle ne soit
certainement pas neutre dans les décisions qu'il a pu prendre. En effet,
ce dernier n'a pas souhaité nous communiquer d'informations à cet
égard. On ne peut donc que s'en tenir aux principes généraux
suivants : les salaires et dividendes perçus donnent lieu à impôt sur le
revenu; inversement, la société B&O ayant été constituée en EURI
non soumise à l'impôt sur les sociétés, elle permet une économie
d'impôt sur le revenu, dans la mesure où les pertes enregistrées sont
déductibles du revenu global de M. Collorafi
Dans le même ordre d'idées, il convient de remarquer que M. Collorafi,
pour investir, aurait pu envisager un autre montage juridique et
financier en constituant une holding optant pour le régime de
l'intégration fiscale. Ceci aurait facilité le réinvestissement
• des
sommes gagnées par SEBOL pour créer B&O.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
Conclusion
Les analyses précédentes conduisent aux observations suivantes.
Les retraitements opérés s'élèvent, de façon cumulée, sur 2,5 ans, à
1 273 KF, c'est à dire sensiblement le même niveau
que les pertes
enregistrées sur la même période.
Cependant, les mesures envisagées n'auraient permis que de retarder la
dégradation de la rentabilité des deux restaurants. Il faudrait sensiblement
plus que les mesures évoquées pour que ces sociétés retrouvent, de façon
durable, leur seuil de rentabilité.
Alors que B&O enregistre une perte de 955 KF au 30 juin 1997, les mesures
évoquées
ne permettent qu'une amélioration de 180 KF (économie de
financières) pour 1997. On peut également constater qu'une
suppression totale du salaire de M. Collorafi en 1997 n'aurait pas permis à
SEBOL d'atteindre le seuil de rentabilité au 30 juin 1997.
D'autre part, sur le plan de la trésorerie, le fait, pour M. Collorafi, de
diminuer ses dividendes et de réduire de moitié son salaire, aurait engendré
un supplément de trésorerie qui apparaît toutefois limité compte tenu des
pertes enregistrées par les sociétés SEBOL et B&O.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/V1
4.2 Question 2: Avenant au contrat de location gérance de
la societé BdO, du 10 juin 1997
« dire si l'avenant du contrat de la société B et O précité est intervenu à bonne
date ou trop tard et était suffisant si Monsieur COLLORAFI réduisait son
salaire dans la société B et O, si toutefois il en a perçu de cette société, »
Un avenant au contrat de location gérance conclu entre MAC DONALD'S et
B&O est intervenu le 10 juin 1997 et prenait effet rétroactivement à
compter du 1 janvier 1997. Les dispositions financières prévues par le
contrat puis par l'avenant sont indiquées dans le tableau présenté ci-après.
Avant avenant
Redevances minimales
Redevances standards
Redevances de service
235 KF / mois
20% * CA HT
mensuel
5% * CA HT
mensuels
Après avenant
111197-31/12197
111198-31/12/2001
180 KF / mois
245 KF / mois
177. * CA HT
mensuel
20% * ('A IT
mensuel
5% * CA HT
mensuels
5% * CA HT
mensuels
Afin de calculer avec précision l'impact de l'avenant, il convient de
déterminer à partir du chiffre d'affaires mensuel, queile redevance,
standard ou minimale, est due.
Les chiffres d'affaires mensuels nous sont donnés par les comptes de
résultat mensuels. Ces montants sont corrects puisque leur somme donne
un chiffre d'affaires annuel de F. 13 491 421 que l'on retrouve dans la liasse
fiscale. Les redevances mensuelles obtenues d'après les comptes de résultat
mensuels sont à peu près correctes (leur somme donne une redevance
annuelle de F. 2 336 815 à comparer à F. 2 298 186 dans la liasse fiscale).
Il ressort une économie réalisée, suite à l'avenant au contrat de location
gérance, pour l'année 1997 pleine, de F. 562 434, pour la période antérieure
au 1" juillet 1997, de F. 265 656, comme il est indiqué dans le tableau
présenté ci-après.
Expertise SEBOL CI MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
CA HT
Redevance
minimum (avenant)
Redevance
minimum (si pas
avenant)
Redevance en % CA
HT (17%) - avenant
Redevance en % CA
HT (20%)
Redevance due
(avenant)
Redevance due
(si pas avenant)
Impact de l'avenant
janv-97
févr-97 mars-97
avт-97
mai-97
juin-97
Total
1108852 1 143224 1223311
1313648 1063746 1 098607 6 951 388
180 000 1 080 000
235 000 1 410 000
186 763 1 181 736
219 721 1 390 278
186 763 1 181 736
235 000 1 447 392
Conclusion
Malgré l'avenant, intervenu rétroactivement à compter du 1" janvier 1997,
la société B&0 enregistre une perte, au 30/6/97, de F. 955 000".
Par ailleurs, la question 2 a trait à l'impact de l'avenant si M. Collorafi
réduisait son salaire de moitié dans B&0. M. Collorafi ne perçoit de salaire
que dans SEBOL, mais via le contrat de prestation de services qui lie ces
deux sociétés, SEBOL refacture à B&O le salaire de M. Collorafi au prorata
du chiffre d'affaires de B&O. Le montant annuel refacturé s'élève à
F. 440 000, soit F. 220 000 pour le 1" semestre 1997. L'économie générée par
la diminution du salaire de moitié dans B&O ressort donc au 30/06/97 à
F. 110 000, soit à un niveau inférieur à la perte de F. 955 000.
Malgré l'impact de la réduction de salaire, l'avenant apparaît insuffisant
compte tenu des pertes réalisées par B&O du 1" janvier au 30 juin 1997
(c'est à dire, indépendamment des pertes pouvant être imputées à
l'ouverture des restaurants Antibes Ouest et Vallauris le 1" juillet 1997).
" Résultat au 30/6/97, établi à partir des compies de résultat mensuels.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/V1
Sur la question de savoir si l'avenant est intervenu à bonne date, il importe
de préciser que l'avenant, signé le 10 juin 1997, a un effet rétroactif au 1"
janvier 1997. Mac Donald's allègue avoir adressé cette proposition d'avenant
des le 09/04/97 (cf. dire de Me Leloup en date du 08/08/99) mais M. Collorafi
n'a pu préciser à quelle date il avait reçu puis signé ce document.
L'avenant ne pouvait pas intervenir plus tôt dans la mesure ou B&O
n'ayant ouvert qu'en octobre 1996, un laps de temps paraît nécessaire pour
dresser le constat des difficultés financières de la société.
Dans son dire, en date du 16/4/99, portant sur cette question, Me Leloup
indique que la rentabilité d'un restaurant est autant liée à « la qualité de la
gestion du chef d'entreprise » qu'au niveau de redevance. La gestion de M
Collorafi sera étudiée en réponse à la question 7.
Expertise SEBOI C/ MAC DONALD'S FRANCE
R/SEBOL/septembre 1999/V1
4.3 Question 3: Analyse d'un transfert de charges fixes de
SEBOL à B&O
Dire « si l'ouverture du restaurant « Antibes-Nord » a permis de transférer
partiellement des charges fixes de la société SEBOL à la société B et O comme
l'affirme M. GANDUR dans son rapport annuel rédigé à la demande de
Monsieur COLLORAFI (cf. page 24) ; »
R. Gandur distingue deux sources à l'économie de charges fixes réalisée en
1996 et 1997 dans SEBOL. Il explique ainsi, en page 24 de son rapport,
que:
«l'importance de la perte de chiffre d'affaires est telle que la structure de
l'entreprise a du être réduite et des économies ont été réalisées,
l'ouverture des nouveaux restaurants d'Antibes Nord et Ouest a permis de
transférer partiellement des charges fixes de la société SEBOL aux sociétés
B&O et Les PINS, par exemple des managers et le salaire du locataire-
gérant ».
Le tableau, présenté ci-après, reprend son estimation de l'économie de
charges fixes réalisée.
Economie de charges fixes totale par rapport à
- Economie attribuable à l'ouverture du Quick
- Economie attribuable à l'ouverture d'Antibes'
Nord et Ouest et de Vallauris
Pour comprendre l'évolution des charges fixes du fait de l'ouverture du
restaurant Antibes Nord (confié en location gérance à M. Collorafi) et
répondre à la question 3, il convient tout d'abord d'analyser cette évolution
par type de charges fixes.
Expertise SeBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOLseptembre 1999/V1
i;
Le tableau, présenté ci-après, qui a été élaboré à partir de tableaux réalisés
par M. Collorafi et R. Gandur, retrace l'évolution des charges fixes de
Antibes Centre Commercial et Antibes Nord, de 1995 à 1997.
Nalure charges fixes
Salaires managers el ch. Soc.
Frais de voyage
Promotion locale
Services extérieurs
Entreten et réparatone equipem
Electrons gaz telephone eau
Foumeures de Dureau
Eads de casse
Charges fixes controlables
Assurance
Taxes
+: values sur cessions d'ach
Amorissements et provisionisi
Frais financiers
Produrs francers.
Charges fixes nor : ortroabes
irais comptatles et dicares
Produrts et charges revers
Salaire du locataire gérant
Autres depenses
Depenses de Bureal
Frais arministratts
TOTAL charges toxes
Artibes 1
600 000|
... 448.478
Aribes 1 - Antihes Centre commercial Carrefour
Antibes 1:
•Antibes Nord
5 362)
Var"
par / à 95
-58,2%l
-59,5%|
-38,9%
11.2%
-13.5%!
7.0%
40,4%:
: 108.5%
-29,7%..
119 124!
฿ 564:
1.554p.
439 143!
571j
4,2%
31,5%
98,8%%:
2.4%|
- 10,9%j
30 689|
- 17.4%
H7 086
...Ste 019
21.0%
-22.7%%
- 10,7%
38,9%
26,7%...
2,4%
5 072 379!
- 17,8%!
.276 193)
Total
B2 243
. 2 062 857
Antbes 1
Var Anttes Nord
par : a 95
63,2%
67,8%%
42.4%
44,1%'
•27.1%
8.7%!
41,5%,
.. 9123 4327%
41.0%
-15,2%
-35,1%
-38 500 -181.7%
616 0x00)
2.7%
15.4%
-21.0%
"44.3°%n
-8.8%
58,9%!
-26,4%
292593 34.8%
38,1%
38795891 37,19
4 632|
.418 588)
Il ressort de ce tableau le constat d'une diminution de charges fixes de
Antibes centre commercial (SBBOL), notamment concernant les charges
fixes contrôlables (-44% de 1995 à 1997) et les frais administratifs (-38%)
Cinq catégories de frais fixes sont en particulier concernés par ce constat. II
s'agit des postes: salaires managers, frais de voyage, promotion locale,
services extérieurs et salaire du locataire gérant. La part de ces frais fixes
sur le total des frais fixes représente 51% en 1995, 44% en 1996 et 43% en
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOÏ/septembre Ï999/Vi
Total
_723
XE 547
174 56)
A 15 000
L'augmentation importante du poste « frais comptables et judiciaires »
s'explique par le contentieux entre les sociétés de M. Collorafi et MAC
DONALD'S FRANCE.
Il convient donc, pour répondre précisément à la question 3, d'une part de
distinguer les variations de frais fixes qui résultent d'un transfert do
charges fixes, indépendamment d'autres facteurs (ouverture du Quick,
réduction d'effectif, etc.), d'autre part d'isoler l'impact de l'ouverture de B&O,
indépendamment de celle de Antibes Ouest et de Vallauris, le 1" juillet
Sur le transfert des charges fixes
«Salaires managers»: une première interrogation concernait ce poste
qui passait de 1,2 MF en 1995 à 524 KF en 1996 (alors qu'Antibes Nord
n'a été ouvert qu'en octobre 1996), puis à 462 KF en 1997. Lors de la
réunion d'expertise du 11 mai 1999, il a été demandé à M. Collorafi de
fournir des précisions sur cette évolution. Dans une note en date du 2
juin 1999 (annexée au dire de Me Clément du 3 juin 1999), M. Collorafi
indique que les montants de ce poste sont corrects mais qu'une partie de
l'économie de charges fixes constatée (F 468 797) provient d'une
réduction d'effectifs
courant 1996 (quatre managers ont quitté les
restaurants de M. Collorafi, parmi lesquels trois ont été transférés dans
d'autres
restaurants Mac Donald's). Dans ces conditions la
l'économie attribuable à un transfert de charges fixes s'élève à F 267 428,
comme l'indique M. Coliorafi dans sa note du 2 juin 1999.
«Frais de voyage»: Ce poste, de faible montant, n'appelle pas de
commentaires particuliers.
«Promotion locale» : Selon le dire n°2 de Me CLEMENT, en date du 12
avril 1999, ce poste concerne notamment les frais d'affichage « de
panneaux publicitaires aux abords des restaurants ou dans les grands
axes ». Des économies d'échelle sur cette nature de charge semblent
possibles. La création du GIE SODEVA, en avril 1997, dont l'objet
concerne notamment la mise en commun des moyens de SEBOL, B&O et
LES PINS en vue de développer la publicité, va dans ce sens.
«Services extérieurs» : Cette nature de frais fixes est susceptible d'être
transferable.
«Salaire du locataire gérant» : M. Collorafi ne perçoit de salaire que
de la société SEBOL (restaurant centre commercial), laquelle refacture
une partie de ce salaire à la société B&O au prorata de son chiffre
d'affaires. Le fait que M. Collorafi perçoive le même salaire en 1995 et
Expertise SEROL CI MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
1996 (900 KF) et un salaire légèrement supérieur en 1997 (1 022 KF.
charges soc. comprises) indique qu'il y a eu transfert de charges de
SEBOL dans B&O.
Il apparaît que les cinq catégories de charges fixes évoquées constituent des
charges fixes « transférables », c'est à dire susceptibles d'être réparties entre
plusieurs
restaurants. Par
ailleurs, l'analyse du tableau (cf.
précédente) indique bien une diminution des charges fixes dont une part est
imputable au transfert de frais fixes suite à l'ouverture du restaurant
Antibes Nord (B&O) confié à M. Collorafi.
Sur l'impact de l'ouverture de B&O
Le restaurant Antibes Nord (B&O) a été ouvert le 9 octobre 1996. Un autre
restaurant confié à M. Collorafi et situé à 5 kilomètres des deux autres a été
ouvert le 1" juillet 1997.
Dans le but d'analyser uniquement l'impact de l'ouverture de B&O sur
l'évolution des charges fixes de SEBOL et d'isoler le transfert de charges
fixes de SEBOL à B&O, de 1996 à 1997, il convient d'analyser l'évolution
des charges fixes, mensuellement, du 1ª janvier 1996 au 30 juin 1997. Le
tableau (cf. ci-après) retrace cette évolution mensuelle des charges fixes.
Expertise SEROL C/ MAC DONALD'S FRANCE
R/SEBOL/septembre 1999/V1
Nature charges fixes
Comparaison mensuelle des charges fixes de SEBOL en 1996 par rapport à celles enregistrées en 1997
mars
juin
! Saiaires managers et ch. 5oc.
¡Promotton locale
I Services extérleurs
Erpeton et réparates equem
Electrole Jar lerptionie eau
•cumiures de dureau
Esans de causse
Cherge tors controlates
Total (au 30/06)
220,
..1!
9!
¡Forculs el charges dvers
Salaire du locataire gérant
4LT'es depenses
Depenses de bureau.
Fras adruniestrat!s
185 =9 0
_320
: Totai charges fixes
Chittre d'affaires gilmentalres
Tora chiarges lixesCA
25'-
26%
25%
32%
1873)
25%1
28%
27%
21%
279,
30%
26%
25%.
Ainsi la comparaison mensuelle" des charges fixes de SEBOL entre 1996 et
1997, fait ressortir une diminution significative des frais fixes, salaires
managers, promotion locale, services extérieures, salaire locataire gérant et
dépenses de bureau.
Sur le coût de l'ouverture d'un second restaurant
Le tableau de la page 36 renseigne sur le montant des charges fixes, de
SEBOL en 1995, 1996 et 1997, de B&O depuis son ouverture en octobre
19r SAint les tinta sant de cont par ensemble Secho f0 en 1997
Ces niveaux de charges fixes sont rappelés dans le tableau, ci-après.
Charges fixes contrôlables
Antibes 1
(SEBOL)
Antibes 1-Antibes
Nord 1997
(SEBOI-B&O)
Ecart
Charges fixes non contrôlables
F'rais administratifs
Total charges fixes
27%
Var
42%
260%
35 %.
-57%%
41%
'''Celle comparaison mensuelle est effectuée à partir des compres de résultat mensnels, 1996 et 1997, des
sociétés SEBOL et B&0
Expertise SEBOL CI MA DONALD'S FRANCE
RISEBO septembre 19939
Ce tableau met en évidence le coût lié à l'ouverture d'Antibes Nord, qui
ressort à
2 MF. Comparé au coût de Antibes 1 (Centre Commercial
Carrefour) de 6 MF en 1995, il ressort donc une économie liée à l'ouverture
d'un second restaurant, qui s'élève à 4 MF. Cette économie est d'autant plus
notable que Antibes Nord est un restaurant plus grand que Antibes 1.
Conclusion
Les analyses indiquent que l'ouverture du restaurant Antibes Nord (B&0) a
permis de transférer des charges fixes de la société SEBOL vers la société
B&O à hauteur d'environ 2 MF, en rythme annuel. De ce fait, le coût
marginal de l'ouverture d'un second restaurant est relativement peu élevé.
Expertise SEBOL CI MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
4.4 Question 4: Synthèse de fonctionnement de SEBOL et
B&O, considérées comme une unité économique.
«Qu'enfin lesdits experts judiciaires seront invités à présenter une synthèse
de fonctionnement des société SEBOL et société B et O considérées comme une
unité économique du fait de l'intérêt commun des parties à les voir
fonctionner comme telle pour la période considérée; »
Afin d'appréhender le fonctionnement de SEBOL et de B&O considérées
comme une unité économique, il convient d'établir un compte de résultat
consolidé, en mettant en avant les retraitements définis en réponse aux
questions précédentes. Par ailleurs, dans le but d'isoler l'ouverture de
Antibes Nord des deux ouvertures de restaurant suivantes (Antibes Ouest
et Vallauris) et de permettre une analyse de l'évolution des situations dans
le temps, il est présenté un tableau reprenant l'évolution des comptes
consolidés de 1995 à 1997, mais pour des exercices elos au 30 juin (cf.
tableau, page suivante).
Ce tableau indique que malgré un niveau d'activité réalisé par l'ensemble
SEBOL-B&O au 30/06/97 quasi-identique à celui atteint par SEBOL au
30/06/95 et un transfert de charges fixes de SEBOL vers B&O effectif (cf.
question 31, la structure de coût global de l'ensemble SEBOL/B&O est telle
qu'il s'ensuit une dégradation de la rentabilité de l'exploitation de
M. Collorafi.
Il convient également d'observer l'augmentation de la redevance payée en
1997 par l'ensemble SEBOL-B&O par rapport à celle payée par SEBOL en
1995 (+ 36%) pour un niveau de chiffre d'affaires quasi-identique. Cette
différence provient du niveau de la redevance standard de SEBOL (12% du
chiffre d'affaires) par rapport au niveau de la redevance standard de B&O
(17% en 1997) et du paiement de la redevance minimum (déconnectée du
chiffre d'affaires) pour SEBOL en 1997.
Ainsi, comme l'indique le tableau, en pratiquant un niveau de redevance bas
de 12% du chiffre d'affaires, pour l'ensemble SEBOL-B&O, considéré comme
une unité économique, une économie de 608 KF serait réalisée, qui ne
permet pas, toutefois, à l'ensemble SEBOL-B&O de renouer
avec
rentabilité.
la
Expertise SEBOLE MACDONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre I999/Vi
Total SEBOL
TOraL SEBOL
E
E
H
"Verses de prode 1s aimerta es
Coile d'atla res tota.
4 Relevarce sardar
3 Hyporise rosevarice a i24
. 1 538 265
Altres charges varables
7 2T7 991
Totei crarges varables
y Salaires manages e: en Soc
10 trais de voyage
! Promotion locale
12| Services extéreurs
13 Patreten et réparations equipem
14 Electricité gaz téléprone eau
15 Foumaures de turea:
le Ecarts de carsse...
Charges ixes consplat es
19 Assurance
: 9 Taxes
$ 538
405 749|
Amortissemiens et provisions
22 Frais financiers retrailés
Produrts "nardes.
Charges ixes non conSisties
23 Frais comprables et udiciaires
2e Produits et charges Jivers
27 Salaire du locataire gérant retraité
Aulres dépenses
is Dépenses de sureau
. Fa
31 Total chargas lixes
33 Impôt Sociélés
Il Roulat not
35 + économe lde a une aminution de ia redevance
Résultat net……….
issu de a lasse liscale i ^ 318 Kr et § 4 3}
Conclusion
SESOI
182 067|
T 813
4 266 719|
4 752!
176 696}
..?.
6 846 773|
104 ê10l
Totai
SEBOLBSO
Var 9795
4214936|
5378346|
... 354;
: 493 6л
8 B93
308551}
|979 597
oi
... 4?
.. 708 330,
5253;
243 225)
....377 95:
... 432 450
..-1 536310
.NSI
Les retraitements effectués sur le salaire de M. Collorafi et sur les frais
financiers (cf. question 1) ne feraient que réduire les pertes de l'ensemble
SEBOL-B&O qui resterait déficitaire.
L'étude du fonetionnement des sociétés SEBOL et B&O indique que le
niveau d'activité consolidé constaté en 1997, s'il est équivalent à celui de
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
1995 pour SEBOL, n'est pas suffisant pour compenser le supplément de
charges fixes inhérentes à l'exploitation de deux restaurants.
Le problème réside dans l'effondrement de l'activité de SEBOL, qui passe de
12,8 MF au 30/6/95 à 9,5 MF au 30/6/96, et qui est lié à l'ouverture du
restaurant concurrent QUICK. Ainsi il se produit un premier effet « vases
communiquants » aux dépens de SEBOL du fait de cette concurrence.
En décidant d'ouvrir un second restaurant, MAC DONALD'S a pratiqué une
contre-attaque efficace qui lui a permis de revenir en 1997 (30/06) à un
niveau d'activité, pour les deux restaurants MAC DONALD'S, équivalent à
celui de 1995 (12,5 MF). Néanmoins, l'ouverture de ce second restaurant,
Antibes Nord, a produit un 2* effet « vases communiquants », en réduisant
encore le niveau d'activité du restaurant Centre Commercial Carrefour
(SEBOL) à 5,6 MF.
Dans ces conditions, même si, comme nous l'avons étudié en réponse à la
question 3, l'ouverture d'un second restaurant a un coût plus faible (du fait
du transfert de charges fixes qu'il entraîne), elle occasionne toujours un
supplément de charges fixes, qui explique les pertes importantes (1,5 MF)
enregistrées par l'ensemble SEBOL-B&O, au 30/6/97.
En quelque sorte, M. Collorafi a fait les frais de cette situation de « guerre
économique ».
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RiSEBO septembre 1999/V7
4.5 Question 5: Analyse de la viabilité du restaurant
Antibes Ouest et des synergies éventuelles d'un
ensemble Antibes Ouest-Vallauris
Dire « si, le nouveau restaurant « Antibes-Ouest » était viable en lui même ou
si, comme la société Me DONALD'S l'a ouvert en même temps que celui de
Vallauris, ce qui n'est pas un hasard mais montre qu'elle avait envisagé une
"synergie » entre ces deux restaurants, sa rentabilité n'avait pas été appréciée
¡ priori dans un ensemble « Antibes-Ouest » - « Vallauris » dont la société Mc
DONALD'S «, contrairement à ce qui semble avoir été ses prévisions, confie
la location gérance à deux personnes différentes, - le restaurant « Antibes-
Ouest » n'étant que le complément de la locomotive « Vallauris »; ».
En réponse à cette question, il convient d'une part, de rechercher si le
restaurant Antibes Ouest de M. Collorafi (exploité par la société LES PINS)
était viable en lui même, d'autre part, d'estimer l'apport du restaurant
Vallauris sur la rentabilité d'Antibes Ouest
Sur la viabilité de Antibes Ouest
La comparaison entre les comptes de résultat de Antibes Ouest des 2*
semestre 1997 et 1" semestre 1998 montre un redressement de la situation
financière de Antibes Ouest. Comme l'indique le tableau ci-après, la société
enregistre au 1* semestre 1998 un résultat avant impôt positif (F. 14 923)
en nette augmentation. Par ailleurs, les résultats de Antibes Ouest au 2em
semestre 1997, doivent être nuancés, du fait de l'ouverture de ce restaurant
en mai 1997.
Les résultats de Antibes Ouest au 2* semestre 1998 (gestion de MAR)
montre que l'amélioration de la rentabilité de ce restaurant se poursuit
puisque Antibes Ouest enregistre au 2n semestre 1998 un résultat avant
impôt de F. 129 728.
De ce fait, le restaurant Antibes Ouest apparait viable, sinon en lui même,
tout du moins au sein du groupe composé des deux autres restaurants,
centre commercial Carrefour et Antibes Nord, en tout cas sans Vallauris.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCK
R/SEBOL/septembre 1999/Vi
Rubriques des P&I, de Mac
Donald's
, Ventes totales
Ventes alimentaires
Bénéfice brut
PAC
1 Redevance standard
Autres dép. non contrôlables
Résultat net d'exploitation
Frais d'administration
Résultat avant impôt
Antibes Quest (ouverture en mai 1997)
2** som 97
(a)
1" sem 98
(b)
z sem 98
!c!
Sur d'éventuelles synergies entre Antibes Ouest et Vallauris
Antibes Ouest et Vallauris sont situés à plus de 5 kilomètres l'un de l'autre
et ne sont pas dans la même zone de chalandise. Dans ces conditions, la
synergie entre les deux restaurants est limitée au transfert de charges fixes
qui résulte de l'exploitation de plusieurs restaurants (cf. supra § 4.3).
A ce titre, il a été constaté, en réponse à la question trois (cf. supra § 1.3),
que le coût du restaurant Centre Commercial Carrefour s'élève à 6 MF en
1995 alors que le coût lié au second restaurant de M. Collorafi (Antibes
Nord) est de 2 MF (en 1996). Le coût de ce troisième restaurant respecte la
logique du transfert de charges dans la mesure où il ressort un niveau de
charges fixes pour Antibes Ouest (le plus petit des trois restaurants) en
1997 de 1,4 MF pour 8 mois, soit 2 MF pour 12 mois.
SEBOL-B8O
Charges fixes contrôlables
Charges fixes non contrölables!
Frais administratifs
Total charges fixes
Les Pins
mai à décembre
[Sebol-B&O-Les Pins
9 623 B27
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOUseptembre 1999/VI
Par ailleurs, comme il a été évoqué lors de la deuxième réunion d'expertise,
les résultats de Vallauris sont moins bons que ceux de Antibes Ouest et.
dans ce cas, l'attribution de Vallauris à M. Collorafi n'aurait pas entraîné
une amélioration de la situation financière de M. Collorafi. Le lableau,
presenté ci-après, montre ainsi une perte de près de 1,5 MF pour Vallauris
en 1997, plus élevée que celle enregistrée par Antibes Ouest la même année
(429 KF).
Comptes de résultat au 31/12/97
Les Pins (ouvert Vallauris (ouver
en mai 97)
en avril 97
Ventes de produits alimentaires
/Ventes non alimentaires
Chiffre d'affarres total
Autres charges vanables
Total charges variables
..... Marge sur couts variables.
Salaires managers et ch. Soc
Frais de voyage
Assurance
Frais comptables et judiciaires
Total charges lixes.
Resultat net avant impot
Impot Sociétés
Résultat net
5 000)
Conclusion
Au vu de ces analyses, il apparait que le restaurant Antibes Ouest était
viable dans cet ensemble composé de trois restaurants et que sa rentabilité
doit être appréciée indépendamment de celle de Vallauris.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCH
16i
RISEBOL/septembre 1999/V1
4.6 Question 6: Analyse de l'attribution de Antibes Ouest
à M. Collorafi
Dire « si, compte tenu de la situation financière de l'ensemble « Carrefour » -
«Antibes Nord » et du fait que Monsieur COLLORAFI prétendait ne pas
pouvoir financer le contrat « Straight licence » d'Antibes-Ouest, la société Me
DONALD'S a fait un «cadeau empoisonné » à Monsieur COLLORAFI,
comme celui-ci semble le prétendre, ou si au contraire celle-ci a voulu lui
donner une chance supplémentaire de s'en sortir; ».
Il convient, pour répondre à la question 6, de préciser les éléments suivants.
Les ouvertures de Antibes Ouest et de Vallauris étaient planifiées par MAC
DONALD'S, indépendamment de la situation de M. Collorafi et font partie
de la politique de développement de MAC DONALD'S (qui n'a pas été
contestée par M. Collorafi).
Il faut remarquer que MAC DONALD'S avait pris l'engagement de confier
l'exploitation de ces deux restaurants à un autre de ses franchisés
(M. Gilarsky, qui avait été par ailleurs vice-président de la société MAC
DONALD'S). Devant les insistances de M. Collorafi, MAC DONALD'S avait
consenti à lui attribuer l'un des deux restaurants.
L'ouverture de ces deux restaurants présentait un intérêt certain pour les
franchisés. Comme on l'a vu, il est intéressant pour un franchisé de posséder
plusieurs restaurants dans la mesure où le coût marginal d'un nouveau
restaurant est faible par rapport à celui d'un premier restaurant.
Aussi, il eut été naturel que l'ouverture de ces deux restaurants, sans être
concurrents, mais situés dans une zone proche, soit confiée à M. Collorafi
Cependant, MAC DONALD'S a justifié cette situation en invoquant la
situation financière difficile de M. Collorafi.
Conclusion
Dans ces conditions, cette ouverture n'est ni un cadeau empoisonné, ni une
chance supplémentaire de s'en sortir.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBO septembre 1999/7
4.7 Question 7: Analyse de la cohérence de gestion
financière globale de M. Collorafi dans les trois
sociétés jusqu'au 1/1/98
"Considérant que les experts devront donner leur avis sur la cohérence de
gestion financière globale de Monsieur COLLORAFI dans les trois sociétés
jusqu'au ler janvier 1998; "
Pour apprécier la cohérence de la gestion financière de M. Collorafi, il
convient d'analyser sa politique de distribution, sa rémunération et sa
gestion entrepreneuriale.
Sur la politique de distribution de M. Collorafi
La politique de distribution de M. Collorafi de 1995 à 1997 et ses effets sur
la situation financière des sociétés qu'il possède sont résumés dans le
tableau ci-après.
(en KF)
SEBOL
SEBOL
1° capital social
1° de d'associé
lividende
istribués
Résultat net
1° ressources
propres (1)
+ 300
+ 1010
+50
B&O
+50
+ 50
+ 550
+ 600
0l
SEBOL
B&0
+ 200!
LES
PINS
+ 50
+ 6
+ 50
Total
+ 100
+ 756
+ 352
- 971 - 1226
- 498 - 2 695
+ 296
+241
+ 3860
+4101
+ 61
+3561
1° ressources
I.MT
(1) + (2)
1° investissement
+ 3337
+ 127
+3851
+ 3331
+ 162)
+ 536
- 916 - 3142
+ 3 275
1° deroulemeonde
A" trésorerie
+ 481
+ 5:39
+ 30
- 8341 - 1 5:30
- 978 - 3 344
+ 160
+ 63
+ 32
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/V1
Ce tableau mérite un commentaire sur l'évolution du besoin en fonds de
roulement apparent en 1997 qui provient du non paiement des redevances
dues à Mac Donald's (montant des redevances non payées au 31/12/97 pour
les trois sociétés = F. 3 905 270).
Il est intéressant de constater que le montant cumulé des sommes
distribuées net des réinvestissements (2 MF) équivaut à celui de la perte
globale des restaurants de M. Collorafi sur la période.
Ainsi ressort-il de ce tableau que la dégradation des ressources propres des
trois sociétés est due, à parts égales, à la politique de distribution de M.
Collorafi et à la forte baisse des résultats. En 1995, M. Collorafi se verse
90% des réserves de 1994 et en 1996, 95% des réserves de l'année
précédente. Cette politique a en outre entraîné un gonflement de la dette
bancaire.
Cette situation amène à des interrogations quant à la cohérence de la
gestion financière de M. Collorafi.
Est-ce que, comme l'explique Me Clément dans son dire du 4 mars 1999,
M. Collorafi percevait "les fruits de son travail acharné " et n'avait
aucune raison de réinvestir les sommes qu'il s'est versées ?
• Est-ce que, comme l'affirme Me Leloup dans son dire du 16 avril 1999,
"M. Collorafi n'a pas eu un comportement de chef d'entreprise
responsable: il s'est attribué le profit des années bénéficiaires sans
réinvestir suffisamment "?
Il apparaît que M. Collorafi a pratiqué une politique de distribution massive
dès 1995. Ayant pour conséquence d'assécher les ressources propres, cette
politique prive les sociétés de ressources disponibles pour investir et assurer
leur développement, notamment dans un environnement très concurrentiel.
En 1995, M. Collorafi distribue 1,8 MF de dividendes alors qu'un restaurant
Quick est sur le point d'ouvrir à 500 mètres de son restaurant (l'ouverture
du Quick est intervenue en juillet 1995). En juin 1996, M. Collorafi
distribue 1 MF de dividendes alors que l'ouverture du Quick a entraîné une
diminution de l'activité de « centre commercial Carrefour » (cf. annexe E4 du
dire de Me Leloup, du 08/08/99) et qu'un second restaurant Mac Donald's
(Antibes Nord) allait ouvrir 4 mois plus tard en face du Quick
Il faut néanmoins prendre en compte le fait que M. Collorafi a investi par la
suite 800 KF dans B&O et 56 KF dans LES PINS
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
R/SEBOL/septembre 1999/V1
Sur le salaire de M. Collorafi
Le tableau, présenté ci-après, rappelle la salaire de M. Collorafi de 1995 à
Salaire M. Collorafi
(salaire brut + avantages en nature + charges salariales et patronales)
comme il a déjà été étudié en réponse à la question n°l (pour les société
SEBOL, el B&O), l'impact d'une diminution du salaire de M. Collorafi d
moitié sur la rentabilité des restaurants n'est pas significatif compte tenu
des pertes enregistrées par les trois sociétés.
Sur la gestion " de groupe "
Plusieurs éléments indiquent que M. Collorafi gère activement l'ensenible
compose de ses trois restaurants. Ainsi on relève l'existence de contrats de
prestations de services conclus entre SEBOL et B&O (octobre 1996), et entre
SEBOL et LES PINS (avril 1997)" ainsi que la création d'un GIE en avril
1997 qui regroupe les moyens
restaurants.
administratifs communs aux
trois
Par ailleurs, la réponse à la question n°3 a permis de constater un transfert
de charges fixes entre SEBOL et B&O.
Néanmoins, ces résultats ne permettent pas de conclure sur les
performances de gestion de M. Collorafi et doivent être complétés d'une
analyse comparative.
L'analyse par la droite de régression
Il a été évoqué avec les parties l'analyse de régression des profits après
dépenses contrôlables (PAC) de l'ensemble des Mac Donald's en France,
réalisée, à partir des comptes de résultat fournis par les locataires gérants
au 31 décembre de l'année écoulée. A partir du nuage de points indiquant le
chiffre d'affaires (abscisse) et le niveau de PAC (ordonnée) de chaque
franchisé, par type de restaurant, il est établi une droite de régression qui
passe au milieu du nuage afin de mesurer la position de chaque franchisé
par rapport à cette droite.
Ces contrats prévoiens que SEBOL refacture à B&O et à LES PINS, au prorata de leur chiffre
d'affaires. les frais d'administration, les personnes employées sur plusieurs unités, les dépenses de
bureau et les frais de véhicules.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
R/SEBOL/septembre 1999/V1
Ainsi, la droite de régression 1997 pour les restaurants Free Stander
ouverts avant le 31/12/96 indique que pour un niveau de chiffre d'affaires
(alimentaire) de 13 MF (Antibes Nord), le niveau de PAC moyen se situe à
près de 5 MF, à comparer à un niveau de PAC de Antibes Nord inférieur, de
4 MF.
La droite de régression 1997 pour les restaurants Mall ouverts avant le
31/12/96 permet de voir où le restaurant « centre commercial Carrefour » se
situe par rapport à la moyenne des restaurants de type Mall. Ainsi
constate que pour le chiffre d'affaires alimentaire réalisé par ce restaurant
(11,5 MF), le niveau de PAC correspondant se situe sur la droite à plus de
3,5 MF, soit un niveau légèrement supérieur à celui du restaurant « centre
commercial Carrefour ».
Comme il est indiqué par Mac Donald's, les niveaux de PAC « moyen » ne
constituent pas des objectifs.
Comparaison M. Collorafi / moyenne locataires gérants
Il convient de rechercher si, comme le prétend Me Leloup dans son dire, en
date du 16 avril 1999, M. Collorafi est " nettement moins performant que les
autres locataires gérants dans des situations similaires ".
En annexe de ce dire (annexe E2), Me Leloup joint un tableau qui retrace la
comparaison entre les niveaux de profit avant impôt et après dépenses
contrôlables (PAC), obtenus pour la moyenne des locataires gérants (par
type de restaurants comparables) en 1997, avec ceux obtenus par les
restaurants exploités par M. Collorafi la même année, comme indiqué dans
le tableau ci-après.
PAC
Ecart
PAC
Ecart
PAC
Ecart
Comparaison M. Collorafi / moyenne locataires gérants en 1997
(en KF)
Antibes 1
Moyenne Mall *
29,85 %
33.16%
- 3,61 %
len KF)
Antibes Nord
29.64%
-6.57%
Moyenne FS *
36,20%
(en KF)
Antibes Ouest
27,83%
- 5,84%
Moyenne FS *
33,67 %
Expertise SEBOL CI MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre i999VI
* A l'inverse des Mall, qui sont situés dans un centre commercial, les restaurants « FS »,
pour Free-stander, sont indépendants de tout autre bâtiment.
Le niveau de profit après dépenses contrôlables (PAC) se calcule de la,façon
suivante:
PAC :
Ventes nettes totales
(-coût de la nourriture et des produits vendus
- dépenses contrôlables
Le niveau de PAC constitue un indicateur pertinent pour juger des
performances de gestion"". Aussi, ce tableau va dans le sens d'une gestion
moins performante de M. Collorafi par rapport à la moyenne des locataires
gérants. Cependant, il convient de préciser que le niveau consolidé moyen
de chiffre d'affaires des restaurants de M. Collorafi s'élève à un niveau
inférieur (11,5 MF) à celui de la moyenne des franchisés (14,5 MF). En
outre, cette comparaison des niveaux de gestion qui s'appuie sur la droite de
régression évoquée précédemment, doit être relativisée dans la mesure où
les niveaux de chiffre d'affaires atteints par les restaurants de B. Collorafi
sont inférieurs de ce qu'ils devraient être compte tenu de leurs structures
respectives.
D'ailleurs, dans son dire n°3 (3 mai 1999), Me Clément indique que ce
"tableau doit être utilisé avec prudence » et que la rentabilité d'un
investissement ne peut être obtenue que "si le restaurant réalise le chiffre
de ventes pour lequel cet investissement a été réalisé "
Il ajoute même, dans une annexe à son troisième dire, en date du 11/5/99,
que le tableau est erroné suite à une « erreur informatique des reports du
cumul des PAC». Cette remise en cause de la fiabilité des PAC des
franchisés est toutefois rejetée par MAC DONALD'S (dire n°2 de Me Leloup
du 16/7/99).
Concernant SEBOL, il convient de prendre en considération la chute de
l'activité qui est passée de 27 MF en 1993 à 12 MF en 1997 et les fortes
pertes enregistrées. Dans un tel contexte, des réorganisations sont
' Dépenses contrôlables: main d'iruvre équipiers, salaires managers, frais de voyage. publicité.
promotion locale, services extérieurs, uniformes, foumitures d'exploitation, entretien réparations
élertriché, gaz, eau, fournitures de bureau, divers
" Dans son rappor, A. Dumoutier indique que le niveau de « PAC reflère la qualité de la gestion d'un
restaurant. Il prend en compre l'ensemble des dépenses sur lesquelles l'équipe de gestion peut avoir
Expertise SEBOLCI MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOLiseptembre I999/Vł
nécessaires et la gestion y est beaucoup plus difficile. De ce fait, l'utilisation
de la droite de régression pour évaluer la gestion de SEBOL est inadaptée.
Sur le plan des frais administratifs, Mac Donald's indique icf. dire de Me
Leloup, du 16/07/99) que la moyenne des frais administratifs par restaurant
de franchisé s'établit à 517 KF, soit 1,5 MF pour 3 restaurants, alors que les
frais administratifs des trois restaurants de M. Collorafi s'établissent à
2,5 MF. Ce montant de 517 KF' est toutefois contesté par M. Collorafi
Comparaison M. Collorafi / locataires gérants spécifiés
Dans le but d'appréhender au mieux la gestion de M. Collorafi, une réunion
s'est tenue le 20/09/99 dans les bureaux de l'un des experts, afin d'analyser
les comptes de résultats de franchisés. L'étude de 4 restaurants, deux
proposés par M. Collorafi (il avait cependant demandé à Mac Donald's de
communiquer les comptes de huit restaurants) et deux proposés par Mac
Donald's, conduit à formuler les remarques indiquées ci-après"
", malgré les
réserves de M. Collorafi sur la sincérité des comptes présentés par Mao
Donald's.
Tout d'abord, la comparaison d'Antibes Nord avec deux restaurants
comparables (Free Stander, niveau de chiffre d'affaires proche) fait ressortir
des niveaux de frais d'exploitation similaires mais des niveaux de profit
après dépenses contrôlables (PAC) moins bons pour Antibes Nord (écart de
niveaux de PAC de 5% à 10%). Cependant il est précisé que le restaurant
Antibes Nord a une taille importante, une configuration particulière (3
niveaux de salle, 2 terrasses, ...), et une situation concurrentielle délicate,
qui semblent devoir expliquer ces écarts de PAC.
L'analyse des frais administratifs d'un de ces deux restaurants, dont le
locataire gérant ne possède qu'un seul restaurant (afin de rendre la
comparaison pertinente, non biaisée par une gestion de groupe), indique des
niveaux de frais administratifs, notamment de salaire du locataire gérant,
sensiblement équivalents à ceux constatés pour Antibes Nord.
La comparaison du restaurant « centre commercial Carrefour » avec les
deux autres restaurants de l'échantilion, dont un seul permet véritablement
une comparaison pertinente (Mall, Chiffre d'affaires comparable) fait
ressortir des niveaux de profit après dépenses contrôlables (PAC) similaires.
Le salaire du locataire gérant de ce restaurant est par contre sensiblement
" Dans un
souci de contidentialité et suite à la demande de la société Mac Donald's, il ne sera pas
mentionné le nom des restaurants composant l'échantillon, ni détaillé le contenu des compres de résultat
les concernant.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999V1
nécessaires et la gestion y est beaucoup plus difficile. De ce fait, l'utilisation
de la droite de régression pour évaluer la gestion de SEBOL est inadaptée.
Sur le plan des frais administratifs, Mac Donald's indique (cf. dire de Me
Leloup, du 16/07/99) que la moyenne des frais administratifs par restaurant
de franchisé s'établit à 517 KF, soit 1,5 MF pour 3 restaurants, alors que les
frais administratifs des trois restaurants de M. Collorafi s'établissent à
2,5 MF. Ce montant de 517 KF est toutefois contesté par M. Collorafi
Comparaison M. Collorafi / locataires gérants spécifiés
Dans le but d'appréhender au mieux la gestion de M. Collorafi, une réunion
s'est tenue le 20/09/99 dans les bureaux de l'un des experts, afin d'analyser
les comptes de résultats de franchisés. L'étude de 4 restaurants, deux
proposés par M. Collorafi (il avait cependant demandé à Mac Donald's de
communiquer les comptes de huit restaurants) et deux proposés par Mac
Donald's, conduit à formuler les remarques indiquées ci-après"
, malgré les
réserves de M. Collorafi sur la sincérité des comptes présentés par Mac
Donald's.
Tout d'abord, la comparaison d'Antibes Nord avec deux restaurants
comparables (Free Stander, niveau de chiffre d'affaires proche) fait ressortir
des niveaux de frais d'exploitation similaires mais des niveaux de profit
après dépenses contrôlables (PAC) moins bons pour Antibes Nord (écart de
niveaux de PAC de 5% à 10%). Cependant il est précisé que le restaurant
Antibes Nord a une taille importante, une configuration particulière (3
niveaux de salle, 2 terrasses, ..), et une situation concurrentielle délicate,
qui semblent devoir expliquer ces écarts de PAC.
L'analyse des frais administratifs d'un de ces deux restaurants, dont le
locataire gérant ne
possède qu'un seul restaurant (afin de rendre la
comparaison pertinente, non biaisée par une gestion de groupe), indique des
niveaux de frais administratifs, notamment de salaire du locataire gérant,
sensiblement équivalents à ceux constatés pour Antibes Nord
La comparaison du restaurant « centre commercial Carrefour » avec les
deux autres restaurants de l'échantillon, dont un seul permet véritablement
une comparaison pertinente (Mall, Chiffre d'affaires comparable) fait
ressortir des niveaux de profit après dépenses contrôlables (PAC) similaires.
Le salaire du locataire gérant de ce restaurant est par contre sensiblement
1 Dans un souct de confidentialité et suite à la demande de la société Mac Donald's, il ne sera pas
mentionné le nom des restaurants composant l'échantillon, nu détaillé le contenu des comptes de résultat
les concernant.
Expertise SEROLCI MA DONALD'S FRANCE
RISEBOI/septembre 1999/VI
inférieur à celui de M. Collorafi mais la comparaison ne permet pas de tirer
de conclusions directes dans la mesure où le franchisé concerné possède
trois autres restaurants et a pu loger des frais généraux dans une structure
ad hoc.
Dans ces conditions, il apparaît que la gestion de M. Collorafi ne semble pas
devoir être incriminée. Sans porter directement sur les indicateurs de
gestion, il est intéressant de noter que les compte rendus de la revue
financière de la fin de l'année 1997 de Mac Donald's indiquent des niveaux
de qualité, de service et de propreté excellents (voir exceptionnels) pour les
trois restaurants.
Il faut également souligner que le restaurant de type Mall comparé à
«centre commercial Carrefour » (un de ceux proposés par B. Collorafi)
supportait un taux de redevance standard élevé mais que celui-ci a fait
l'objet d'un aménagement. Compte tenu des difficultés financières du
restaurant, Mac Donald's a en effet réduit de près de 50% ce taux de
redevance.
Cet aménagement illustre ainsi une situation intéressante où Mac Donald's
prend à sa charge une partie des difficultés financières rencontrées par un
franchisé
Par ailleurs, des documents joints au dire de Me Clément du 3/5/99,
concernent les bilans et comptes de résultat de trois sociétés qui exploitent
des restaurants MAC DONALD'S à Cannes et à Mougins. Le restaurant de
Mougins (SARL GILEX), qui a été ouvert un mois après Antibes Ouest et
Vallauris, affiche un niveau de chiffre d'affaires de 5,6 MF (contre 6,5 MF
pour Antibes Ouest) et une perte de 412 KF (contre 498 KF), soit des
résultats comparables avec ceux de Antibes Ouest. Le restaurant de Cannes
(SARL LES ALLEES) réalise en 1997, un niveau de chiffre d'affaires de 29
MF qui lui permet d'afficher un bénéfice de 523 KF.
Comparaison M. Collorafi / MAR
La
société
MAR (MAC DONALD'S RESTAURANTS) gère les trois
restaurants anciennement exploités par M. Collorafi depuis le 11 juin 1998.
Dans son dire du 16 avril 1999 (annexe E1), Me Leloup compare le compte
de résultat au second semestre 1997 (M. Collorafi) à celui au second
semestre 1998 (MAR). Ces résultats sont repris tels quels dans le tableau ci-
après. Par contre, dans son dire n°3 du 3/5/99, Me Clément indique que les
niveaux de PAC sont erronés et propose une version rectifiée, indiquée à
côté des tableaux (PAC corrigé).
Expertise SEBON C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VJ
Antibes 1
Ventes totales
Ventes alimentaires
Bénéfice brut
PAC
1 Redevance standard
Autres dép. non contrôlables
Résultat net d'exploitation
Frais d'administration
Résultat avant impôt
Antibes Nord
Ventes totales
Ventes alimentaires
Bénéfice brut
PAC
Redevance standard
Autres dép. non contrôlables
Résultat net d'exploitation
Frais d'administration
Résultat avant impôt
Antibes Ouest
Ventes totales
Ventes alimentaires
Bénéfice brut
Redevance standard
Autres dép. non contrôlables
Résultat net d'exploitation
Frais d'administration
Résultat avant impôt
g'm sem 97
z'me sem 98
- 1 069 725
zi sem 97
1978 108|
- I 133 863
- 174 374|
- 1 464 995
- 1 079 148
2e sem 97
20 sem 98
Var en 9e.
2,23%.
8,77
PAC corrige :
(5,1%)
69%
¡ Varo en %c
9,39%
11,1%
- 76%
- 136%
Var en %
13,43%
16%
- 67%
150%
PAC corrige :
(10,7%)
PAC corrige:
(15,5%)
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBO septembre 199911
TOTAL
Ventes totales
Ventes alimentaires
Bénéfice brut
PAC
Redevance standard
Autres dép. non contrôlables
Résultat net d'exploitation
Frais d'administration
Resultat avant impôt
2 sem 97
- 2 722 805
- 2 138 052
2'm° sem 98
- 3 252 170
• 2 886 340
Var® en %
7.97%
11.8%
PAC corrige :
(11,3%)
- 71,3%
21,6%
Il ressort de ces tableaux, une augmentation du chiffre d'affaires, une
amélioration des niveaux de PAC et une économie très importante de frais
d'administration au second semestre 1998 (MAR) par rapport au second
semestre 1997 (Collorafi), et ce, malgré une augmentation de la redevance
standard au 20e
semestre 1998.
• L'évolution du chiffre d'affaires semble être liée à la diminution des
impacts des ouvertures de restaurants (et pour la société LES PINS, à
son démarrage).
• Il ressort une amélioration des niveaux de PAC au 2* semestre 1998.
Une première explication à cette augmentation est liée à l'augmentation
des ventes au second semestre 1998. Cette évolution semble également
s'expliquer par la baisse du coût des matières premières et à
l'augmentation des prix de vente, comme l'indique Me Clément dans une
annexe au dire n°3, en date du 11/5/99.
• Par contre, la comparaison des frais d'administration, qui fait ressortir
une économie de frais d'administration de plus de 65% dans MAR,
semble indiquer une gestion de MAR plus performante que celle de
M. Collorafi. Plusieurs éléments peuvent être avancés pour expliquer
cette évolution des frais d'administration.
Les frais d'administration comprennent le salaire du locataire gérant, les
autres dépenses et les dépenses de bureau. Ces dernières comprennent
notamment les salaires administratifs.
Or il
apparaît que le nombre de salariés inclus dans les frais
d'administration a été réduit de 6 à 4 personnes. Dans son dire n°3 du
3/5/99, Me Clément explique que la société MAR « a en peu de temps
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
R/SEBOL/septembre 1999/V1
«supprimé » deux salaires importants (700 000 francs annuels) en mutant
les cadres concernés à son siège parisien ».
Par ailleurs, cette nature de frais inclut, pour une part importante, la
rémunération du locataire gérant (1 022 KF en 1997) et les frais induits
par ce dernier.
L'économie très importante de frais d'administration réalisée par MAR
est donc essentiellement liée à
léconomie sur la rémunération de
M. Collorafi et à la réduction de personnels administratifs. Cette
source d'économie peut résulter d'une gestion des frais
administratifs non optimisée de la part de M. Collorafi, d'une gestion des
frais généraux de MAR facilitée du fait de son appartenance au groupe
Mac Donald's France ou encore du défaut du rôle de conseil financier de
Mac Donald's, auprès de M. Collorafi.
Il
convient de noter que, bien que nettement meilleure, la situation de
l'ensemble consolidé des trois restaurants exploités par MAR demeure
déficitaire au 2'n
semestre 1998.
Conclusion
Les analyses précédentes semblent tout d'abord indiquer que l'effondrement
du résultat de SEBOL est d'avantage lié à la chute de l'activité qu'à la
politique de rémunération de M. Collorafi (dividendes et salaires).
La situation difficile de B&O semble être due au contexte concurrentiel qui
la caractérise (un restaurant concurrent Quick est situé en face de Antibes
Nord). Malgré tout, il convient de remarquer qu'au 2m° semestre 1997,
(gestion de M. Collorafi), Antibes Nord affiche un résultat net d'exploitation
positif (222 KF) supérieur à celui réalisé au 2*' semestre 1998 (gestion de
MAR) qui est négatif (-318 KF).
L'évolution de la situation de la société LES PINS indique un redressement
puisque la société réalise un bénéfice au 2*° semestre 1998 de 130 KF.
Concernant la politique de distribution de M. Collorafi, il apparaît qu'elle a
un impact limité sur la rentabilité des restaurants qu'il exploite dans la
mesure où les frais financiers ne sont pas élevés (57 KF en 1996, 200 KF en
1997) relativement aux pertes enregistrées par les sociétés (414 KF en 1996,
2 695 KF en 1997). Une politique de distribution plus cohérente n'aurait que
ralenti l'effondrement de la rentabilité des restaurants (en évitant le recours
à l'endettement et donc en diminuant les frais financiers).
Expertise SEBOL C / MAC DONALD'S FRANCE
R/SEBOL/septembre 1999/V1
On peut cependant s'étonner de la décision de M. Collorafi de distribuer
autant de dividendes, notamment en 1996 à une période où la situation
financière des restaurants de M. Collorafi commençait à se détériorer.
Concernant la gestion de M. Collorafi, la comparaison avec la gestion
d'autres locataires-gérants ne permet pas de conclure à une mauvaise
gestion de sa part. Il apparaît que le contexte économique et la structure des
restaurants de M. Collorafi contribuent davantage à expliquer leur situation
financière difficile.
De même, la comparaison entre la gestion des trois restaurants de
M. Collorafi avec celle de MAR ne permet pas de tirer de conclusions claires.
Des lors, la gestion financière globale de Monsieur Collorafi dans les trois
sociétés jusqu'au 1" janvier 1998, ne semble pas devoir expliquer les
mauvais résultats de ces trois sociétés.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCH
RISEBOL/septembre 1999/V1
4.8 Question 8: Analyse des comptes de SEBOL, B&O et
LES PINS du 1/01/98 au 10/06/98
« Considérant que les experts donneront leur avis sur les comptes des sociétés
SEBOL, B et O et LES PINS, entre le ler janvier 1998 et le 10 juin 1998,
date de leur expulsion; ».
En premier lieu, la gestion de B. Collorafi a été étudiée au 1 septembre
1998 en comparant les comptes de résultat mensuels (P&L) du 1"
semestre
1998 à ceux des semestres immédiatement antérieurs (1" et 2m semestre
1997) et du semestre immédiatement postérieur (2'" semestre 1998).
Pour que la comparaison soit pertinente, les résultats au 30 juin 1998,
calculés à partir des comptes de résultat mensuels'
, ont été retenus alors
que les sociétés et M. Collorafi ont été expulsés
le 10 juin 1998
Contrairement aux chiffres des 2'm° semestre 1997 et 2° semestre 1998 qui
nous ont été donnés par MAC DONALD'S (dire de Me Leloup en date du
16/4/99), les chiffres des 1° semestres 1997 et 1998 ont été calculés à partir
des comptes de résultat mensuels des trois sociétés concernées. Les comptes
de résultat du mois de juin 1998, qui nous ont été donnés par l'intimée, no
portent que sur 20 jours (exploitation MAR).
Les tableaux, présentés ci-après, retracent l'évolution semestrielle du
résultat des sociétés SEBOL, B&O, LES PINS, du premier semestre 1997
(pour SEBOL et B&O) à fin 1998.
Rubriques des
P&L de
1 sem 97
Z= sem 97
Мас Donald's
(b)
(c)
Ventes totales
Ventes alimentaires
Hinefier brut
PAC
Kedrvance standard
' Autres dep. non controlables
Résultat net d'exploitation
Frass d'administration
Resultat avant impôt
• 1 095 645
1" sem 98
(a)
Antibes 1
Var® en %
(a)//(bi
- 13,7%;
Var'en 7
(a)//ici
2- sem 98
(d)
Var" en %
(d) iliai
5982396 4 778048
- 20%:
• 11,6%
- 22%
73%
- 60%
_ 132042
+ 28%
+ 41)%
-23%
'S Comptes de résultat mensuels (P&L) des 3 restaurants de janvier à mai (exploitation de M. Collorati)
cumulés à ceux du mois de juin (sur 20 jours uniquement, du 10 au 30/06, exploitation de MAR).
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
Rubriques des
•P&L de
Мас Donald's
Verites totales
Ventes alimentaires
Bénefice brut
PAC
Kervance standard
Autres rep. non contrôlables
Résultat net d'exploration
Fraus d'admunistration
Résultat avant impot
Antibes Nord (ouverture en octobre 1996)
I"' sem 97
[b)
2° sem 97
1" sem 98| Varo en %
(a)
la://th)
Varier
2 semn 98 | Vir"in%
6 015 247 |
+ 7,2%
+ 7%
- 1 163 410 : - 1 133 863.
- 39G 596
• 234 685|
-41%
.L.
- 1 464 995
- 1 079 148
+17%
+53.
Rubriques des P&i. de
1" sem 97
Mas Donald's
Ventes totales
Ventes ahmentaires
Non
significatir
Benefice brut
PAC
Kedevance standard
Autres dep. non contrélables
Resultat net d'explortation
Frais d'administration
Ensuital avant impait
Antibes Quest (ouverture en mai 1997)
2* sem 97
1" sem 98
Varent Varen% 2 sem ga
Var'en?
(a) // (bi
ta) //le)
id) 11 inj
- 67%
+ 21%
I 479 920
224 006 |
-38%
+1177
+87
Rubriques des P&L, de
Mac Donald's
Ventes totale
(Ventes alimentaires
Benefice brut
PAC:
Redevance standard
! Autres dep non contrôlables
Risultat net d'exploitation
Frais d'administration
Resultat avant impot
2- gem 97
(bi
11 976 216:
5 297 530฿
- 2 722 805
- 2 138 052
1° sem 98
(a)
- 2 589 735
TOTAL.
Var en 7
(al//ib)
-11%
16'7
2* sem 98
ici
- 3 252 170
Var" en %
(es /! la!
+22%%
+2173
Experlise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/V1
Ces tableaux mettent en avant les éléments suivants :
• un niveau d'activité au 1ª somestre 1998 inférieur à ceux des 1"
semestre 1997, 2*'' semestre 1997 et 2* semestre 1998,
• une augmentation des dépenses non contrôlables au I" semestre 1998,
par rapport au 2° semestre 1997, qui se poursuit au 2°nc
semestre 1998,
• une baisse significative des frais d'administration au 1" semestre 1998,
qui se poursuit au 2* semestre 1998,
• un niveau de résultat au 1ª semestre 1998 inférieur à ceux des 2*
semestre 1997 (excepté pour Antibes Ouest) et 2e* semestre 1998.
Au vu de ces résultats, notamment des niveaux de profit après dépenses
contrôlables et de frais d'administration, la gestion de M. Collorafi
n'apparaît pas incohérente. De plus, dans son dire n°2, en date du 12/4/99,
Me Clément précise que le 2** semestre 1998 voit une réduction du coût de
la nourriture, des dépenses énergétiques et un meilleur rendement du
personnel, et indique des retraitements à effectuer pour rendre les niveaux
de gestion comparables. La meilleure maîtrise des frais administratifs dans
les restaurants exploités par M. Collorafi au 1" semestre 1998 appelle une
interrogation de la part de Me Leloup (cf. dire du 16/04/99).
Par ailleurs, la comparaison entre l'exploitation de M. Collorafi et celle de
MAR, notamment concernant les frais d'administration a été étudiée en
réponse à la question 7.
Il est également fait le constat d'une forte diminution de l'activité sur la
période étudiée (1" semestre 1998). Selon Me Clément (dire nº2), le 2*
semestre de l'année est une « période plus forte en chiffre d'affaires ».
En second lieu, l'examen des situations arrêtées au 10 juin 1998 suscite les
observations exposées ci-après. Il s'agit ici de donner un avis sur ces
situations, non de procéder à un véritable audit approfondi
Me Leloup rappelle, dans son dire en date du 16 avril 1999, que la périodo
du 1/01/98 au 10/06/98 « est une période durant laquelle, ..., les appelants se
sont maintenus dans les lieux sans droit ni titre ».
Expertise SABOT C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 19997V1
Le bilan de la SA SEBOL se présente de la façon suivante :
Immobilisations
incorporelles nettes
Capitaux propres
Immobilisations
corporelles nettes
Dettes bancaires
Actif circulant
Dettes fournisseurs 3 275 278
Total actif
Total Passif
Le compte de résultat de SEBOL au 10/06/98 indique des montants de
chiffre d'affaires de F. 4 828 729 et de résultat net de F. -578 756.
Il indique également des montants de redevance standard de F. 800 000 et
de redevance de service de F. 225 617 à comparer avec l'indemnité
d'occupation à raison de 160 jours à F. 16 000, soit F. 2 560 000.
Le bilan de l'EURL B&O se présente de la façon suivante :
Immobilisations
incorporelles nettes
Capitaux propres
- 2 693 105
Immobilisations
corporelles nettes
Dettes bancaires
Actif circulant
Dettes fournisseurs
Total actif
Total Passif
L'analyse du bilan de B&O montre que M. Collorafi a retiré F. 684 919 de
son compte-courant ne laissant que F. 65 184. Me Clément précise, dans son
dire du 3 mai 1999, que « ces sommes ont été retirées après le jugement du
Tribunal de Commerce, devant la menace (devenue effective par la suite) de
saisie pratiquée sur les comptes par la société MC DONALD'S ».
Le compte de résultat de B&O au 10/06/98 indique des montants de chiffre
d'affaires de F. 5 757 090 et de résultat net de F. -750 485.
Il indique également des montants de redevance standard de F. 1 288 500
et de redevance de service de F. 284 905 à comparer avec l'indemnité
d'occupation à raison de 160 jours à F. 24 000, soit F. 3 840 000.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S PRANCE
RISEBOL/septembre 1999/J
Le bilan de la SARL LES PINS se présente de la façon suivante :
Immobilisations
Capitaux propres
incorporelles nettes
Immobilisations
corporelles nettes
Dettes bancaires
Actif circulant
Dettes fournisseurs
Total actif
Total Passif
Le compte de résultat de LES PINS au 10/06/98 indique des montants de
chiffre d'affaires de F. 4 046 424 et de résultat net de F. -70 035.
Il indique également des montants de redevance standard de F. 606 745, de
redevance de service de F. 202 248 et de redevance d'équipement de
F. 182 024, à comparer avec l'indemnité d'occupation à raison de 160 jours à
F. 16 000, soit F. 2 560 000.
Le bilan de GIE SODEVA se présente de la façon suivante :
Immobilisations
incorporelles nettes
Capitaux propres
Immobilisations
corporelles nettes
Dettes bancaires
Actif circulant
Dettes fournisseurs 5 633
Total actif
Total Passif
Le compte de résultat du GIE SODEVA au 10/06/98 indique des montants
de chiffre d'affaires et de résultat net nuls (frais administratifs refacturés
aux trois sociétés au prorata de leur chiffre d'affaires).
L'analyse de ces situations conduit aux observations suivantes.
Des immobilisations corporelles figurent encore aux bilans de ces sociétés et
du GIE SODEVA pour une valeur nette d'amortissement de F. 4 528 333.
Or, si ces immobilisations corporelles sont situées dans les restaurants, elles
représentent une perte pour M. Collorafi. Il apparaît ainsi que ces comptes
ont été établis dans une perspective de continuation de l'activité des
restaurants alors qu'une provision pour dépréciation aurait été nécessaire
pour signifier la perte endurée par M. Collorafi.
Expertise SEBOL (/ MAC DONALD'S FRANCE
R/SEBOL/septembre 1999/V1
Ces situations n'ont pas pris en compte les indemnités d'occupation de
F. 8960 000 mais ont pris en compte les redevances contractuelles de
F. 3 590 039 alors même que les contrats avaient été résiliés par le Tribunal
de Commerce de Paris. La prise en compte de ces indemnités aurait alourdi
les pertes des sociétés de F. 5 369 961.
Conclusion
L'analyse des comptes des sociétés au 30 juin 1998 ne témoigne pas d'une
gestion de M. Collorafi différente de celle du semestre précédent et les
résultats obtenus par MAR au 2ªi semestre 1998 n'indiquent pas une
amélioration significative des niveaux de gestion. Par ailleurs, comme il a
été évoqué, les comptes du 1ª semestre 1998 intègrent pour le mois de juin
1998 uniquement l'exploitation de MAR (20 jours), rendant ainsi
comparaison moins pertinente.
Il est néanmoins intéressant de constater que, pour les trois sociétés, lo
deuxième semestre 1998 correspond à une nette augmentation de l'activité
et à une réduction des pertes. Cette observation va dans le sens d'une
amélioration de la situation financière des sociétés avec le temps bien qu'en
dehors du restaurant Antibes Ouest (LES PINS), l'exploitation des deux
autres restaurants demeure déficitaire.
Alors que le résultat net global des restaurants s'élève en 1997 à -2,7 MF, il
est de -1,4 MF en 1998. Dès lors, cette analyse met en évidence le fait que
dans un contexte d'amélioration de la rentabilité des restaurants, des efforts
de la part des parties (aménagement des redevances et conseils financiers
de la part de MAC DONALD'S pour maîtriser davantage les charges fixes,
attente d'une amélioration de la situation de ses restaurants en acceptant
une perte de rémunération temporaire de la part de M. Collorafi®) auraient
pu permettre aux sociétés de traverser la « passe difficile », provoquée par
l'ouverture d'un restaurant Quick en juillet 95, et par la réplique
stratégique de Mac Donald's (ouverture de Antibes Nord en octobre 1996).
L'analyse des situations des trois sociétés concernées, arrêtées par le
cabinet Price Waterhouse Coopers le 1" mars 1999, amènent les constats
suivants.
Les capitaux propres de SEBOL, B&O et LES PINS sont négatifs pour un
montant total de F. 4 073 258.
* Il est rappelé qu'une réduction de moitié du salaire de M. Collorafi en 1997 permet une économie de
511 KF
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
M. Collorafi a retiré la quasi totalité des comptes courants dans ses sociétés.
La comptabilisation de toutes les conséquences des décisions du Tribunal de
Commerce de Paris du 18 mai 1998 aurait conduit à des
situations
présentant des capitaux négatifs cumulés de F. 13 971
552, s'analysant
ainsi :
• capitaux propres cumulés
• - immobilisations corporelles figurant encore au bilan
• - indemnités d'occupation nettes des redevances
F. - 4 073258
- F. 4 528 333
- F. 5 369 961
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
4.9 Question 9: Augmentation des redevances cumulées
comparée à une baisse des charges d'administration
«Considérant qu'en revanche, les experts devront donner leur avis sur une
autre affirmation contenue dans le document :
« Objectif N°3 » : rentabiliser les Restaurants
Avec la répartition des charges administratives sur plusieurs restaurants,
nous allégerons les charges d'administration „
...; qu'en d'autres termes, les experts devront dire si l'augmentation des
redevances cumulées des trois restaurants pouvait être compensée par la
baisse des charges d'administration de ceux-ci ;».
Pour répondre à cette question, il convient d'analyser la répartition des
charges d'administration, que sont les charges fixes, et l'augmentation des
redevances de base cumulées qui résultent de l'ouverture des trois
restaurants en référence.
Le tableau, présenté ci-après, indique le coût par restaurant et donne la
ventilation des charges fixes.
Saznes managhis et ir Soc
Fracs de voyage
Framation locale
Seinces exleneurs
tecticile gar lelephoue-eau
Foumitures de barran
Ecats de caisse Pharges fixes controlable
Plesterardo Tititur
Assurance
Tases
• valtes sur cessions d acht
Amortissements et provisions
fras manciers
Promuts financie's
Charges (xes mon connisiapies
Fras complables et judiciaires
Produts el charges ducis
zame du locatare gerall
duses dépenses
¿Depenses de bureu
Frais amnistratels
Total charges faxes
SEBOL
5: 29A
f41 494
SEBOL
461 3a5
270 0mn)
.! 7OS 396
616 00C
L 104.2201
105 759฿
_292 593
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
S0 304
29% 637
... 2 173 330
SEBOL.860
Ecart 97/93
1 40ti 995
66€ 704
536 A55
E23 574
265 $52
99,098
E30 994
76a 547
87 450)
74 R61
.418 .58t
675,000
. 1500%
Les Pine
2947%
51 90+
56 00X5.
... 208 149
RISEBOL/septembre 1999V1
L'ouverture d'un nouveau restaurant entraîne notamment le paiement
d'une redevance cumulée supplémentaire. Le tableau, présenté ci-après,
indique l'évolution du montant de la redevance due de 1995 à 1997.
(en KF)
Redevance de base
Le niveau de redevance constatée en 1996, qui est légèrement plus faible
qu'en 1995 malgré le paiement d'une redevance pour « Antibes Nord»
(B&O) sur 3 mois (ce dernier restaurant ayant ouvert en octobre 1996), est
lié à la chute du chiffre d'affaires de « centre commercial Carrefour »
(SEBOL).
Le supplément de redevance en 1997 est lié au paiement de trois redevances
et au tait que pour ces trois restaurants, la redevance mensuelle qui est duc
est le plus souvent la redevance minimum, laquelle est déconnectée du
chiffre d'affaires.
Les trois sociétés ont enregistré en 1997 des pertes substantielles (cf.
tableau-ci-après) qui indiquent que l'augmentation des redevances cumulées
des trois restaurants ne pouvait pas être compensée immédiatement par la
baisse globale des charges d'administration.
Il est rappelé l'évolution de la situation financière de l'ensemble composé de
SEBOL, B&O et LES PINS, de 1995 à 1997.
% CA
Chiffre d'affaires
Résultat net
Redevance de base
Charges
d'administration
4,1%
12%
25%
% CA
% CA
16%
31%
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISERO septembre 199107
Conclusion
L'augmentation des redevances cumulées des trois restaurants ne pouvait
pas être compensée par la baisse des charges d'administration de ceux-ci.
Il aurait fallu que ces restaurants dégagent un niveau de chiffre d'affaires
suffisant pour permettre d'améliorer significativement leur rentabilité.
De ce fait, la répartition des charges fixes profite d'avantage à LES PINS
qui dégage un niveau de rentabilité supérieur à celui de SEBOL et B&O.
SEBOL souffre des
réorganisations
successives occasionnées par
l'effondrement de son
niveau
d'activité. B&O, qui a été ouvert pour
contrecarrer l'ouverture d'un restaurant à l'enseigne concurrente QUICK,
subit ce contexte concurrentiel et ne dégage pas un niveau d'activité
suffisant pour être rentable.
Le rapprochement de l'augmentation des redevances cumulées à la baisse
des charges d'administration liée à l'ouverture d'un nouveau restaurant
amène également à comparer les retours sur investissement du franchisé
par rapport à ceux de Mac Donald's.
Dans un dire en date du 31/08/99, Me Clément indique, en calculant le
retour sur investissement (ROI) de chacun des trois restaurants concernés
et de Mac Donald's, que le franchisé est beaucoup plus pénalisé par un
contexte économique difficile que Mac Donald's. Dans la mesure où le ROI
du franchisé est fonction du résultat de son restaurant, dans un contexte de
perte, le franchisé est loin d'atteindre ses objectifs de ROI (entre 30% et
407). Dans la mesure où le retour sur investissement de la société Mac
Donald's est fonction des redevances qu'elle perçoit de ses franchisés et du
fait qu'il est établit une redevance minimum, déconnecté de l'activité des
restaurants, Mac Donald's supporte moins durement les situations difficiles
que ses franchisés.
De ce fait, les appelants estiment qu'il n'y a pas de partage équitable des
difficultés financières entre Mac Donald's et les franchisés.
Cependant, comme il a été vu en analysant les comptes de résultat du
restaurant d'un franchisé (cf. question 7 sur la comparaison Collorafi /
moyenne locataires gérants) et comme il a été constaté pour le restaurant
«Antibes Nord» (cf. question 2), il arrive que Mac Donald's propose un
aménagement des redevances lorsqu'un franchisé rencontre des difficultés
financières liées à un contexte économique difficile.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999V1
Néanmoins, il
est rappelé par Mac Donald's qu'un franchisé est un
entrepreneur indépendant qui doit gérer le risque économique lié à
l'exploitation de son restaurant.
Me Clément indique, dans un dire du 04/10/99'
, que Mac Donald's s'est
penché sur le cas des restaurants de centre ville (In Store) qui présentaient
des niveaux de rentabilité inférieurs à ceux de la moyenne des restaurants
«In Store ». Comme il est indiqué dans le compte rendu (joint en annexe de
ce dire) de la réunion de la commission finance de Mac Donald's, en date du
9 septembre 1999, Mac Donald's a mis en place un système d'échelle mobile
qui prend en compte les conditions d'exploitation influant négativement sur
la rentabilité des restaurants de centre ville concernés afin que ces derniers
ne dégagent jamais de cash flow négatifs.
De ce fait, Me Clément précise que ce système, mis en place par Mac
Donald's à partir du 1" janvier 1998 pour les restaurants de type « In
Store », aurait été souhaitable pour pallier la mauvaise rentabilité des
restaurants de M
Collorafi, notamment en adaptant le niveau de
redevances au chiffre d'affaires réalisé par ces restaurants.
" Comple tenu de la date de ce dire, postérieure à la dale prévue pour déposer le rappor. il n'a pas pu
donner lieu à un dire en réponse de la par de Me Leloup.
Expertise SeBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/VI
4.10 Question 10: Effets de l'attribution de Antibes Ouest
sur les seuils minimum de rentabilité
«Considérant enfin que dans ce document de candidature des
sociétés
SEBOL et B&O, Monsieur COLLORAFI annonçait comme un de ses quatre
objectifs :
« Objectif N°2 : Augmentation du chiffre d'affaires
Notre souci actuel est d'augmenter très rapidement le chiffre d'affaires pour
atteindre les seuils minimums de rentabilité »;
Que dès lors, la société Mc DONALD'S devra expliquer selon quels calculs
précis elle a pensé qu'en attribuant le restaurant «Antibes-Ouest» à
Monsieur Collorafi, elle lui permettrait d'atteindre son « objectif n°2 »».
Mac Donald's répond à cette question (cf. dire de Me Leloup en date du
16/07/99) en fournissant les éléments permettant d'estimer le chiffre
d'affaires d'un restaurant qui est sur le point d'ouvrir.
Le chiffre d'affaires dépend notamment du « taux de captage », c'est à dire
du nombre de transactions potentielles du site, qui est fonction de divers
éléments (caractéristiques de la population, taille du restaurant, situation
concurrentielle, etc.). Cette estimation est ensuite analysée.
Par ailleurs, comme il est indiqué dans le dire, l'estimation, en valeur, du
chiffre d'affaires est liée au taux de vente à emporter, qui bénéficie d'un
taux de TVA de 5,5% (contre 20,6% pour les consommations sur place).
Si le dire explique ainsi la méthode utilisée pour estimer le potentiel de
chiffre d'affaires d'une restaurant, il n'indique pas en détail les calculs
précis qui ont été appliqués au restaurant « Antibes Ouest » pour estimer le
nombre de transactions potentielles et le taux de vente à emporter. Mac
Donald's invoque, pour justifier son refus, des raisons de confidentialité.
Expertise SEBOI. C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBÖL/septembre I999W1
5 Conclusion et fin de l'expertise
5.1 Sur l'impact d'une réduction de salaire et d'un
versement de dividendes en compte-courant sur la
rentabilité de SEBOL et B&O, en 1996 et 1997
(question 1)
Nous avons été amenés à calculer l'impact sur la rentabilité des deux
restaurants concernés, d'une réduction du salaire de M. Collorafi de moitie
(dans SEBOL, seule société où il perçoit un salaire) et d'une diminution des
dividendes de SEBOL en 1995, 1996 et 1997 (30/06) compte tenu des
investissements réalisés dans B&O et LES PINS en 1996 et 1997, ainsi que
d'un apport en compte courant dans B&O en 1997 (30/06).
Il ressort de ces analyses qu'il faudrait sensiblement plus que les mesures
évoquées pour que les
sociétés SEBOL et B&O atteignent le seuil de
rentabilité en 1996 et 1997 (30/06). Les mesures étudiées, notamment la
réduction du salaire de MI. Collorafi de moitié, auraient ralenti mais non
empêché la dégradation de la rentabilité des deux restaurants.
Afin de compléter l'analyse, il a été recherché les effets de ces mesures sur
la trésorerie de l'ensemble SEBOL-B&O. Elles n'auraient permis que de
régler les redevances dues à Mac Donald's, mais elles n'auraient pas permis
de faire face aux pertes ultérieures.
5.2 Sur l'avenant au contrat de location gérance de la
société B&O, du 10 juin 1997 (question 2)
L'impact chiffré de l'avenant a été évalué en déterminant la redevance
mensuelle due, de janvier à juin 1997.
Il ressort de ce calcul que, malgré l'économie réalisée suite à la modification
du contrat de location gérance de B&O qui s'élève pour le premier semestre
1997 à 266 KF, cette société demeure déficitaire (- 955 KF) au 30 juin 1997.
L'avenant, qui est rétroactif au 01/01/97, est intervenu à bonne date, ce
d'autant que la proposition d'avenant a été adressée à M. Collorafi bien
avant juin 1997 et peut-être même dès le 9 avril 1997.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/V1
Cependant, l'aménagement des redevances (redevance minimum mensuelle
ramenée de 235 KF à 180 KF pendant un an, redevance standard ramenée
de 20% à 17% du CAHT pendant un an) s'est révélé ultérieurement tout à
fait insuffisant.
5.3 Sur un transfert de charges fixes de SEBOL à B&O
(question 3)
L'évolution des charges fixes de SEBOL a été étudiée avant et après
ouverture de B&O en octobre 1996. L'étude de la nature « transférable » d
'ertaines charges fixes et la comparaison du niveau de charges fixes attein
par SEBOL en 1995 avec celui atteint par l'ensemble SEBOL-B&0 en 1997
complètent l'analyse.
Il ressort que l'ouverture du restaurant « Antibes Nord » (B&O) a permis de
transférer des charges fixes de la société SEBOL à B&O, à hauteur
d'environ 2 MF, en rythme annuel.
5.4 Sur le fonctionnement de SEBOL et B&O, considérées
comme une unité économique (question 4)
Le fonctionnement de SEBOL et B&O considérées comme une unité
économique fait ressortir un effet de synergie fondé sur une plus large
répartition de certaines charges fixes et sur l'économie qui résulte de
l'ouverture d'un nouveau restaurant. Néanmoins l'activité de l'ensemble
reste insuffisante pour atteindre le seuil de rentabilité dans un contexte
économique difficile et compte tenu des frais inhérents à l'ouverture d'un
restaurant, particulièrement « Antibes Nord » (B&O) qui est d'une taille
importante et d'une configuration qui le rend difficile à gérer.
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/Vi
5.5 Sur la viabilité du restaurant Antibes Ouest et des
synergies éventuelles d'un ensemble Antibes Ouest-
Vallauris (question 5)
Il a été procédé à l'analyse de l'évolution de la situation financière de
Antibes Ouest, de juin 1997 à juin 1998, ainsi qu'à une comparaison des
comptes de
Ouest et Vallauris au 31/12/97. Parallèlement,
l'existence éventuelle de synergies entre ces deux restaurants a été étudiée.
Les résultats indiquent une amélioration de la situation financière de
Antibes Ouest qui affiche un résultat avant impôt au 30/06/98 positif
(F. 14 923) et une situation financière au 31/12/97 meilleure que colle de
Vallauris sur la même période. Antibes Ouest est done viable
indépendamment de Vallauris. Il convient de préciser, cependant, que la
« viabilité » d'Antibes Ouest est appréciée en tenant compte du fait que
Antibes Ouest est compris dans un ensemble composé de trois restaurants.
Les synergies entre les deux restaurants paraissent limitées au transfert de
charges fixes qui résulte de l'exploitation de plusieurs restaurants.
5.6 Sur la décision de MCDONALD'S d'attribuer Antibes
Ouest à B. Collorafi (question 6)
Cette question met en avant la politique d'implantation de Mac Donald's qui
relève de la stratégie de cette société. Parallèlement, elle rappelle l'intérêt
pour un franchisé de se voir attribuer plusieurs restaurants (répartition des
charges fixes).
Sur la base de ces remarques, il a été recherché si l'attribution du
restaurant « Antibes Ouest » était une opportunité pour M. Collorafi. Il
apparaît, pour reprendre les termes de la Cour, que l'attribution de ce
restaurant n'est
ni un
« cadeau
empoisonné»,
ni
« une
chance
supplémentaire de s'en sortir ».
Expertise SBOL CI MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 19997V1
5.7 Sur la cohérence de la gestion financière globale de
B. Collorafi dans les trois sociétés jusqu'au 1" janvier
1998 (question 7)
La gestion financière de M. Collorafi est en premier lieu abordée au travers
de sa politique de distribution
et de
sa rémunération. Il a été ensuite
procédé à une analyse comparative de la gestion de M. Collorafi avec celle
d'autres franchisés ainsi
qu'avec celle de MAR (société de gestion
appartenant au groupe Mac Donald's, qui a repris les trois restaurants de
M. Collorafi après son expulsion).
Il ressort de ces analyses que la gestion de M. Collorafi ne semble pas
expliquer les mauvais résultats de ses restaurants, ceux-ci étant davantage
liés à la chute de leur activité.
Le restaurant «Centre commercial Carrefour » a été pénalisé par les
ouvertures successives, du restaurant concurrent « Quick » tout d'abord,
puis d'«Antibes Nord ». Implanté en face du Quick pour contrecarrer son
expansion, ce dernier subit ce contexte concurrentiel et semble, du fait de sa
configuration, particulièrement difficile à gérer. « Antibes Ouest », qui est,
quant à lui, d'une taille plus petite et moins exposé à la concurrence évoquée
du fait de son éloignement relatif, voit sa situation financière s'améliorer.
Les
distributions de dividendes de M. Collorafi peuvent néanmoins
apparaître surprenantes dans un contexte économique de plus en plus
délicat louverture du restaurant Quick en juillet 1995, ouverture du
restaurant B&O en octobre 1996).
5.8 Sur les comptes de SEBOL, B&O et LES PINS du
01/01/98 au 10/06/98 (question 8)
Hormis une meilleure maîtrise des frais administratifs au 1" semestre 1998
par rapport aux 1°
semestre 1997 (restaurants exploités par
M. Collorafi), les comptes des trois sociétés du 01/01/98 au 10/06/98, soit
pour la période immédiatement antérieure à l'expulsion de M. Collorafi et
immédiatement postérieure à la résiliation de plein droit des contrats de
location-gérance, n'appellent pas de remarques particulières concernant la
gestion de M. Collorafi.
Il convient de noter que les décisions du Tribunal de commerce en date du
18/05/98, si elles avaient été prises en compte dans les situations du
10/06/98, auraient conduit à présenter des capitaux propres négatifs
cumulés de F. 13 971 552.
Expertise SEROL. C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/Vi
5.9 Sur une éventuelle compensation entre l'augmentation
des redevances cumulées et la baisse des charges
d'administration (question 9)
L'allégement des charges d'administration, suite à l'ouverture des deux
nouveaux restaurants de M. Collorafi, a été comparé à l'augmentation des
redevances cumulées des trois restaurants de M. Collorafi.
Il ressort de la comparaison que l'augmentation des redevances cumulées
n'a pas été compensée par l'économie de charges d'administration qui
résulte de l'ouverture d'un nouveau restaurant.
Cette situation s'explique par l'effondrement de l'activité des restaurants en
1997, qui n'a pas permis à ces restaurants d'améliorer leur rentabilité. Elle
amène également à noter qu'indépendemment de la baisse du chiffre
d'affaires, le franchisé doit acquitter une redevance minimum, garantissant
ainsi à Mac Donald's un retour sur investissement minimum. Le cas est
différent pour le franchisé dont le retour sur investissement est lié à la
rentabilité de ses restaurants et donc à l'activité de ces derniers.
5.10Sur les effets de l'attribution de Antibes Ouest sur les
seuils minimum de rentabilité (question 10)
Dans un dire du 16/07/99, Me Leloup explique la méthode utilisée pour
estimer le potentiel de chiffre d'affaires d'un restaurant, sans, pour des
raisons de confidentialité, assortir cette explication de calculs précis
appliqués au cas d'« Antibes Ouest ».
Expertise SEBOL C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBOL/septembre 1999/V1
5.11 Réponse des experts aux dires des parties
Il a été répondu aux observations présentées dans les dires et courriers des
parties dans le corps du rapport.
Fait à Paris, le 15 octobre 1999,
Les Experts
Nol war
- Alain MARTIN
Liste de diffusion du présent rapport :
• Maîre PAMART, avoué représentant les appelants, un exemplaire,
• Maîte CLEMENT, avocat représentant les appelants, un exemplaire.
• SCT FISSELIER-CHILOUX-BOULAY, avoué représentant l'intimée, un exemplaire,
•Maire LELOUP, avocal représentant l'intimée, un exemplaire.
• Greffe de la Cour d'Appel de Paris, 2 exemplaires.
Expertise SEBOI, C/ MAC DONALD'S FRANCE
RISEBÖL/septembre 1999/Vl
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