La distinction est capitale, et constamment mal comprise : gagner à Strasbourg ne fait pas tomber la décision française. La Cour dit que l'État a violé la Convention ; elle peut condamner l'État à indemniser ; elle ne réécrit pas le jugement.
Sa saisine suppose d'avoir épuisé les recours internes — en France, jusqu'au pourvoi en cassation inclus. C'est une porte étroite, ouverte tard, et souvent des années après les faits.
Le procès McLibel s'est achevé devant elle : le 15 février 2005, la Cour a jugé que le Royaume-Uni avait violé l'article 6 § 1 — parce que les deux défendeurs, non éligibles à l'aide juridictionnelle, avaient dû se défendre seuls face aux avocats d'une multinationale — et l'article 10 sur la liberté d'expression.